Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

OTTAWA — Faute d’entente à l’amiable, la Cour fédérale entendra, en septembre prochain, la poursuite intentée contre Ottawa par un Montréalais qui avait été détenu au Soudan, et qui soutient avoir été torturé.

Paul Champ, l’avocat d’Abousfian Abdelrazik, a indiqué mardi que le gouvernement fédéral avait boudé les séances de médiation prévues par les parties avant même qu’elles ne commencent.

M. Abdelrazik avait été admis comme réfugié au Canada en 1990, et il avait obtenu la citoyenneté canadienne cinq ans plus tard. Lors d’un voyage au Soudan pour visiter sa mère malade, en 2003, il a été arrêté, mais jamais accusé. Pendant sa détention, il a été interrogé par des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui le soupçonnaient d’entretenir des liens avec des terroristes.

Le ressortissant canadien soutient qu’il a été torturé par des agents du renseignement soudanais lors de deux périodes de détention, mais les autorités canadiennes prétendent qu’elles n’en savaient rien.

Quelques jours après sa deuxième libération de prison, en juillet 2006, le nom de M. Abdelrazik est apparu sur la «liste noire» du Conseil de sécurité des Nations unies, et il ne pouvait plus alors rentrer au Canada. Il a obtenu l’asile au consulat canadien à Khartoum, mais le Canada refusait de délivrer un document qui lui aurait permis de prendre l’avion pour rentrer au pays. Grâce à une intense campagne militante au Canada, il est finalement rentré à Montréal en juin 2009 — six ans après sa première détention au Soudan.

La Cour fédérale concluait le même mois que le SCRS s’était rendu complice de sa détention en 2003. Le nom de M. Abdelrazik a finalement été retiré de la «liste noire» de l’ONU plus de deux ans après, à la fin de 2011.

Abousfian Abdelrazik réclame maintenant des indemnités et des excuses du gouvernement fédéral.

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