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Le ministère de la Sécurité publique a honoré 65 pompiers, samedi, dans le cadre de la Journée nationale de reconnaissance des pompiers. Deux sapeurs de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, se sont particulièrement démarqués en recevant la plus haute distinction, la Croix du courage, pour avoir tenté de secourir un kayakiste au péril de leur vie.

En fin d’avant-midi, le 30 mai 2017, le Service de la sécurité incendie de la Ville de Saint-Jérôme reçoit un appel d’urgence pour un kayakiste en détresse au pied d’un ancien barrage sur la rivière du Nord.

Une première équipe se rend sur place pendant qu’une deuxième équipe, celle de Stéphan Dufour et de Benoit Vézina, enfile des combinaisons de plongée et déploie le matériel au cas où ils devraient intervenir en bateau sur l’eau. Ils ne sont pas plongeurs, mais détiennent une formation d’intervention en eau vive.

Le lieu d’intervention est un ancien barrage qui n’est plus en fonction et où les kayakistes réussissent à traverser par une porte demeurée ouverte.

Malheureusement, l’un d’eux se retrouve en mauvaise posture quand la pointe de son kayak se coince entre une roche et un arbre immobilisé au pied du barrage.

Une fois sur place, la deuxième équipe se fait indiquer l’emplacement par le capitaine. «C’était environ 150 mètres dans le bois, se rappelle Stéphan Dufour. Pour se rendre à la rivière, il y avait une pente assez abrupte.»

Sur le bord de la rivière, les autres kayakistes indiquent l’endroit précis où se trouve leur ami en détresse.

«Nous, on ne voyait pas la victime parce qu’elle était complètement sous l’eau», raconte le pompier de 44 ans.

L’embarcation de la victime est coincée en position verticale, la pointe au fond de l’eau et l’arrière du kayak à peine visible à la surface. Comme la victime se trouve au pied du barrage, c’est le flot du courant qui la submerge.

À l’aide d’une gaffe, les pompiers essaient de déprendre l’embarcation. Rien n’y fait. Ils tentent donc d’accrocher une corde.

«On était capable d’atteindre le kayak, mais dès qu’on approchait de la chute, on était repoussé», décrit celui qui se trouvait directement dans le courant de la rivière avec son collègue Benoit Vézina.

Tant bien que mal, ils réussissent à attacher la corde au bout de l’embarcation. Après de nombreuses minutes, les intervenants parviennent à sortir la victime de l’eau. «On l’a agrippé et on a fait le transfert aux gens qui étaient sur la rive», explique Stephan Dufour qui compte près de 18 ans de service à la Ville de Saint-Jérôme.

Malheureusement, l’homme d’une cinquantaine d’années ne pourra pas être réanimé.

Les pompiers poursuivent tout de même leur mission en remontant l’abrupte pente boisée pour amener la civière de la victime jusqu’aux ambulanciers qui attendaient au sommet.

Difficile à accepter
Une intervention à haut risque aussi intense que celle-là, et qui se termine en plus par un drame, représente une difficile épreuve pour tout secouriste.

«On en a parlé longuement entre nous autres. Pas juste quelques jours, mais quelques semaines. On en a parlé en long et en large pour savoir si on avait pu changer des choses, mais aussi pour ne pas rester avec ça en tête», confie Stéphan Dufour.

Benoit Vézina et lui ont été décorés de la Croix du courage, mais leur collègue Luc Trudel a aussi obtenu une médaille pour acte méritoire et sept autres membres du service qui ont pris part à l’opération ont reçu une citation de reconnaissance.

«Je veux aussi souligner que les autres kayakistes qui étaient là nous ont donné beaucoup d’information et ils nous ont vraiment aidés pendant qu’on essayait de sauver leur ami», affirme M. Dufour.

S’ils ont fini par accepter d’être récompensés, les pompiers de Saint-Jérôme ont dû se laisser convaincre, car ils n’y tenaient pas trop.

«Au début, personne ne voulait qu’on ait une reconnaissance parce qu’on se disait qu’on n’avait pas réussi à le sauver. La direction voulait envoyer notre candidature, mais étant donné la manière dont ça s’était terminé, on avait dit non. En fin de compte, la direction a continué le processus et avec le temps, on l’a accepté», rapporte celui qui croit fermement que chacun des récipiendaires méritait ce qu’il a reçu.

«En écoutant les histoires des autres pompiers, on comprend que c’est un métier difficile par bouts, avec des hauts et des bas. Quand on a l’occasion d’avoir une reconnaissance, ça donne un bon élan pour le reste de la carrière», conclut celui qui a toujours rêvé d’être pompier et qui ne changerait de métier pour rien au monde.

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