James West James West / La Presse Canadienne

FREDERICTON — Les libéraux du Nouveau-Brunswick affirment qu’il y aura bel et bien un candidat à la présidence de l’Assemblée législative lorsque la Chambre sera convoquée mardi prochain — mais on ignore si cela permettra au premier ministre Brian Gallant de conserver le pouvoir.

C’est la leader parlementaire par intérim des libéraux, Lisa Harris, qui en a fait l’annonce vendredi après-midi, lors d’un point de presse convoqué à la hâte. Mme Harris n’a toutefois pas précisé si cette candidature viendrait des rangs libéraux ou si c’est un membre de l’opposition qui avait accepté de se porter candidat. Après avoir lu une brève déclaration, elle a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Mme Harris a indiqué que le caucus libéral s’était réuni vendredi et avait décidé de ne pas se présenter en Chambre mardi sans qu’il y ait un président d’assemblée. «Nous avons convenu, à l’unanimité, de recommander à notre chef de faire face à l’Assemblée mardi, d’élire un président et de présenter notre discours du Trône progressiste.»

Les conservateurs ont déjà prévenu qu’ils voteraient contre ce discours du Trône, mais Mme Harris estime que son parti pourra obtenir en Chambre les 25 voix suffisantes, «ou plus», pour le faire adopter — et pour gouverner ensuite la province.

Le caucus libéral se réunira à nouveau lundi pour «examiner les prochaines étapes». Le nom d’un candidat pour la présidence de la Chambre doit être soumis au greffier de l’Assemblée législative avant 17 h ce jour-là.

Jeudi, tous les députés de l’opposition, ainsi que les simples députés libéraux, avaient retiré leur nom de la liste des candidats potentiels à la présidence de l’Assemblée législative. Or, si le nouveau gouvernement veut prononcer un discours du Trône, l’Assemblée législative doit d’abord se doter d’une présidence pour diriger les procédures.

Jusqu’à présent, personne n’a voulu accepter le poste, en raison du résultat très serré des élections du 24 septembre. Les libéraux sortants ont remporté 21 sièges, un de moins que les progressistes-conservateurs, tandis que le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick en ont décroché trois.

Mme Harris a soutenu que personne au Nouveau-Brunswick ne souhaitait retourner aux urnes pour le moment. Une fois qu’un président sera choisi, a-t-elle dit, le gouvernement libéral sera en mesure de prononcer un discours du Trône.

Si les libéraux étaient renversés lors de ce «vote de confiance», les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs auraient alors la possibilité de former un gouvernement. L’Alliance a déjà indiqué qu’elle pourrait assurer une certaine stabilité à un gouvernement progressiste-conservateur pendant au plus 18 mois.

Donald Wright, politologue à l’Université du Nouveau-Brunswick, s’interrogeait vendredi sur la stratégie adoptée par les libéraux. «Je pense qu’ils tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir, mais qu’ils sont présentement à court d’options, a-t-il avancé en entrevue. À première vue, ils semblent simplement vouloir retarder l’inévitable — à moins qu’ils n’aient une baguette magique dans leur manche ou un lapin prêt à sortir d’un chapeau.»

En dépit des négociations, les libéraux n’ont pas réussi à créer une coalition avec le Parti vert. M. Gallant a par ailleurs déclaré qu’il ne conclurait pas d’accord avec l’Alliance, un parti de droite opposé au bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick — la seule province officiellement bilingue au Canada.

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