Introduire un système d’assurance qualité dans les collèges et les universités serait une erreur selon deux chercheurs. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Institut de recherche et d’information socio économiques (IRIS), publiée jeudi.

Selon les deux auteurs de l’étude, qui sont aussi professeurs, le système de mesure de l’efficacité des établissements, que veut mettre en place le gouvernement, entre dans une logique de marchandisation des établissements d’éducation supérieure au détriment de la qualité du savoir.

Le Québec dispose déjà d’un système d’évaluation autogéré. Mais si le Québec allait de l’avant avec le système déjà appliqué aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans plusieurs autres pays d’Europe, les universités et les cégeps seraient évalués par des agences de notation, selon une foule de critères communs et uniformes. «Le problème c’est que mesurer la qualité de l’éducation c’est très subjectif, alors l’immense majorité des critères retenus sont économiques», note Éric Martin co-auteur de l’étude. On jugerait, par exemple, la valeur d’un diplôme ou d’un établissement au taux de placement des étudiants ou à leur niveau de salaire.

«Sous prétexte de défendre la qualité de l’enseignement, on fait renter des critères économiques. Plus qu’une transformation des modes de gestion, c’est une sorte de soumission à la standardisation», déplore Maxime Ouellet, l’autre auteur de l’étude.

Ce dernier a étudié le système déjà établi dans plusieurs autres pays. «Dans cette course à la réputation, les frais liés au marketing et au recrutement augmentent bien plus vite que ceux liés à l’enseignement en tant que tel», précise t-il.

L’introduction d’un système d’assurance qualité sera au cœur des débats du Sommet sur l’éducation supérieure, qui doit se tenir en février 2013. Plusieurs autres thèmes seront à l’ordre du jour dont la réforme de la gouvernance, la réforme des programmes et la hausse des droits de scolarité.

Pas que des opposants

-Pour l’Université du Québec, un système rigoureux et non complaisant est déjà en place. Mais il faut notamment optimiser le processus d’évaluation des programmes existants et le processus d’approbation des nouveaux programmes. La FEUQ est favorable à la création de standards d’évaluation des universités, mais s‘oppose à une quelconque grille ISO, qui nuirait à la liberté académique.

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