Ryan Remiorz / La Presse Canadienne Justin Trudeau

OTTAWA – Dans un rare consensus, les chefs politiques à Ottawa disent tous voir le même message dans le choix électoral des Québécois: ils y lisent le rejet d’un troisième référendum et leur désir de mettre fin aux «vieilles chicanes».

Depuis le début de la campagne, les députés fédéraux et leurs chefs ont dit ne pas vouloir s’immiscer dans la campagne québécoise et ont été plutôt discrets.

Après l’élection d’un gouvernement majoritaire du Parti libéral, avec Philippe Couillard à sa tête, le premier ministre Stephen Harper a tenu à le féliciter.

«Il ressort clairement des résultats que les Québécois ont rejeté l’idée d’un référendum et souhaitent un gouvernement qui sera concentré sur l’économie et la création d’emplois», a écrit M. Harper dans un communiqué.

«Nous nous réjouissons à l’idée de travailler avec le nouveau gouvernement du Québec sur ces priorités».

M. Harper a aussi remercié la première ministre sortante Pauline Marois pour «son service public».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a aussi félicité le gagnant, tout en faisant preuve de retenue. Il s’est seulement permis de souligner que les Québécois ont exprimé «leur désir de mettre fin aux vieilles chicanes».

Il a eu de bons mots pour son ancien collègue du Parti libéral du Québec.

«Ayant siégé au conseil des ministres avec M. Couillard, je peux témoigner de sa compétence et de son engagement envers le Québec et envers ses institutions».

Dans un autre registre, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a exprimé sans gêne sa satisfaction de voir l’élection d’un parti fédéraliste au Québec.

«Aujourd’hui, les Québécois et les Québécoises ont voté pour une économie plus forte, au lieu d’un troisième référendum, en élisant Philippe Couillard comme leur nouveau premier ministre», écrit-il dans un communiqué rapidement diffusé.

Et, tenant des propos à peine voilés sur la charte des valeurs québécoises proposée par le Parti québécois, le chef Trudeau se dit fier que ses compatriotes aient choisi de voir l’avenir sous le signe de l’unité et de l’acceptation d’autrui.

«Comme je l’ai répété depuis l’été dernier, j’avais l’intime conviction que les électeurs québécois rejetteraient les politiques négatives et porteuses de division du plan proposé par Mme Marois».

Selon le député libéral fédéral du Québec, Marc Garneau, c’est la perspective d’un référendum qui est responsable de la défaite du Parti québécois. Et pas la charte des valeurs «qui n’a pas vraiment été un enjeu dans la campagne».

Il dit accueillir avec «beaucoup de joie» la victoire de Philippe Couillard.

«Je suis heureux, bien sûr, que ce soit un fédéraliste, je n’en ai pas fait de secret», a-t-il expliqué en entrevue lundi soir avec La Presse Canadienne.

«Les Québécois ont envoyé un message: ils se préoccupent de l’économie, de la sécurité d’emploi, de la sécurité de la vieillesse. Et ils ne veulent pas parler de référendum», a-t-il dit.

Il juge que le Parti libéral du Québec a bien cerné les enjeux qui préoccupent les citoyens. Alors que le Parti québécois est tombé, victime d’un «calcul erroné».

Selon Marc Garneau, avec Philippe Couillard au pouvoir, les conditions sont les meilleures depuis longtemps pour avoir une relation constructive entre Québec et Ottawa. Il ne croit pas que la déception de certains citoyens envers les résultats électoraux pourrait donner un nouveau souffle au Bloc québécois au scrutin fédéral de 2015.

De son côté, M. Mulcair assure que le nouveau premier ministre pourra compter sur la collaboration du NPD pour «faire valoir les intérêts du Québec à Ottawa», reprenant ainsi une formule fétiche du Bloc québécois. Il cherche ainsi sûrement à nouer des liens avec le parti au pouvoir dans la province qui compte le plus de députés néo-démocrates.

Un porte-parole du NPD a fait savoir que Thomas Mulcair avait parlé à M. Couillard pour le féliciter. Une conversation amicale, «comme à l’habitude», a indiqué David Patry.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen s’était toutefois prononcé, bravant vraisemblablement les directives de son parti de ne pas commenter l’élection, dans un message écrit sur son compte twitter — et depuis effacé.

«Les Québécois ont rejeté de façon écrasante l’épouvantable politique raciale et de peur du Parti québécois. Chapeau!», avait-il écrit plus tôt en soirée.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a exprimé la même idée au sujet du référendum, en choisissant une autre formule: «Mon Canada inclut le Québec. Félicitations au premier ministre-élu Philippe Couillard», a-t-elle écrit sur twitter.

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