Graham Hughes / La Presse Canadienne Françoise David

Québec solidaire (QS) dénonce les compressions budgétaires du gouvernement de Philippe Couillard qui affectent les emplois occupés par des personnes vulnérables.

«Le gouvernement libéral, qui se targue d’être le gouvernement de l’emploi, est un gouvernement destructeur d’emplois», a lancé mercredi la co-porte-parole de QS, Françoise David.

Au cours de l’été, des entreprises d’économie sociale ont appris que leur subvention provenant du programme Subventions salariales ne serait pas renouvelée pour une deuxième année. De ce fait, le Théâtre Parenthèse a dû laisser partir son chargé de projet alors qu’il restait une année à son contrat de travail. Santropol Roulant a dû faire de même avec un responsable de financement qui devait faire en sorte que l’organisme devienne moins dépendant des subventions gouvernementales.

Le programme Subventions salariales permettait à ces organisations d’embaucher une personne pendant près de deux ans, en couvrant en tout ou en partie son salaire. Pendant ce temps, elles tentaient de trouver les revenus nécessaires pour que l’employé conserve son poste. L’entente de subvention devait être renouvelée après une année. La nouvelle mouture du programme prévoit un soutien de seulement 30 semaines.

Québec Solidaire ignore l’ampleur des compressions touchant le programme Subventions salariales. En 2013-2014, son enveloppe contenait 56,9M$. Les Corporations de développement économique communautaire de Montréal (CDEC) ont établi que les pertes pour la métropole atteignent 600 000$.

Le cabinet du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, s’est défendu d’avoir fait des compressions. «On a réduit le nombre de semaines pour les entreprises d’économie sociale pour les mettre au même niveau que l’ensemble des entreprises du Québec, a expliqué l’attachée de presse du ministre, Julie White. On a diminué parce que les participants avaient acquis les compétences après 22 semaines d’insertion.»

Ces changements au programme de subventions salariales engendreront des économies qui sont estimées à 650 000$, a indiqué Mme White. Elle a précisé que les subventions salariales accordées aux entreprises d’économie sociale couvrent 100% du salaire de l’employé embauché, contre 50% pour les entreprises privées.

Julie White a ajouté que les ententes de subventions, signées avant les changements au programme annoncés en juillet, seront respectées.

«Après 22 semaines, [le ministre] prétend que le gens ont atteint les compétences, mais la question n’est pas là, a indiqué Mme David. La question est de rendre possible la pérennité des emplois dans des organismes eux-mêmes souvent précaires.»

«Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale est le pire endroit où couper, a renchéri la députée de Gouin. Ça n’a aucun sens. Et d’autant plus si on fait des discours à n’en plus finir pour dire que « je ne toucherai pas aux gens les plus vulnérables ». On ment à la population. C’est la plus grande menterie de l’automne.»

Rien de plus pour les personnes handicapées
En plus de réduire les subventions salariales, le gouvernement de Philippe Couillard n’a pas bonifié le programme Contrats d’intégration au travail comme il devait le faire, a vivement critiqué Québec solidaire.

  • Près de 35,6M$ sont investis cette année pour faciliter l’accès au marché du travail pour les personnes vivant avec un handicap. Cette enveloppe devrait contenir 49M$, d’après la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées, dévoilée en 2008.
  • «[Faute de fonds supplémentaires], aucune nouvelle personne vivant avec un handicap ne pourra bénéficier de cette mesure pour trouver un emploi, a déploré Françoise David. On est dans la contradiction suprême. On scolarise toute une population qui autrefois était laissée de côté et au moment où elle est prête à aller sur le marché du travail, on l’empêche».
  • Avec l’aide de Mme David, la Coalition large emplois personnes handicapées a lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour obtenir un meilleur financement de ce programme d’employabilité des personnes handicapées.
  • «Nous avons protégé ce budget de 35M$ malgré les choix difficiles à faire», a dit l’attachée de presse du ministre François Blais, Julie White.

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