MONTREAL – Des citoyens canadiens et américains se sont réunis à Stanstead dimanche pour manifester contre l’installation d’éoliennes à la frontière canado-américaine, un projet d’une société américaine qui alimente une dispute entre cette ville des Cantons-de-l’Est et la municipalité de Derby, au Vermont, depuis des semaines.

Ils ont ainsi répondu à l’appel du maire de la ville estrienne, Philippe Dutil, qui avertit que si la société américaine Encore Redevelopment persiste à ériger des éoliennes sur le territoire américain, à un jet de pierre de la frontière canado-américaine, il coupera l’approvisionnement en eau de ses voisins américains.

Il est prévu que deux éoliennes de 125 mètres de hauteur soient installées à environ 250 mètres de certaines résidences de Stanstead. Au Québec, une éolienne de grande taille doit se retrouver à au moins 500 mètres d’une résidence.

Or le maire signale qu’Encore Redevelopment se «contente» d’offrir une compensation financière à Stanstead, une proposition qu’il n’est pas prêt d’accepter, puisque «la sécurité des citoyens est en jeu» et qu’un montant d’argent «ne réglera pas le problème».

M. Dutil dit fournir de l’eau au Vermont et entretenir une route internationale comme le ferait tout «bon père de famille» et ce, bien que sa municipalité «n’en tire aucun avantage».

Il demande ainsi à Encore Redevelopment d’agir de bonne foi.

Au mois d’avril, le député d’Orford, Pierre Reid, a écrit au dirigeant d’Encore Redevelopment, Chad Farrell, lui demandant de se comporter en bon citoyen corporatif. Il estimait que son approche montrait une méconnaissance de la vie frontalière où les diverses communautés vivent en harmonie.

La décision finale sera prise par les autorités de la Vermont Public Service Board.

Les opposants au projet, canadiens comme américains, se sont réunis à la High School Library, à cheval sur la frontière Canada-États-Unis.

Le quotidien montréalais Le Devoir rapportait la semaine dernière qu’afin d’éviter de nuire aux propriétaires dont elle loue les terres, la société Encore Redevelopment a érigé les éoliennes le plus près possible des résidences québécoises. L’un des appareils ne serait qu’à une centaine de mètres des maisons.

Des résidants de Stanstead craignent aussi que le dynamitage auquel Encore Redevelopment devra procéder pour installer les piliers de ses éoliennes pourrait avoir des impacts sur les nappes souterraines canadiennes.

Le maire Dutil s’inquiète également d’une baisse de la valeur des terrains.

«S’il y a des baisses d’évaluation — et on parle de 10 à 40 pour cent — ce sont les résidents qui vont en souffrir», a-t-il déclaré, en entrevue à La Presse Canadienne.

«Il y a des fermiers qui sont là, des gens qui ont bâti la maison de leurs rêves, on va tout gaspiller pour eux autres. Il faut agir en bons voisins.»

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