Colin Perkel Colin Perkel / La Presse Canadienne

TORONTO – Le gouvernement ontarien veut encadrer la pratique controversée du «fichage», qui permet aux policiers, sur la rue, d’interroger ou de contrôler l’identité d’un citoyen — souvent un Noir —, et de consigner ensuite ces renseignements dans une base de données.

Cette pratique est jugée arbitraire par ses détracteurs, qui l’assimilent à du profilage racial. Selon eux, le fichage ne devrait pas être mieux encadré mais purement aboli.

Le maire de Toronto, John Tory, a lui aussi demandé l’abolition de cette pratique qui vise particulièrement les Noirs, mais le nouveau chef de police, Mark Saunders — premier Noir nommé à ce poste —, croit que le fichage, s’il est fait correctement, peut être utile pour assurer la sécurité publique.

Le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Yasir Naqvi, a admis mardi que cette pratique était inacceptable lorsqu’elle ciblait une communauté en particulier. Mais il refuse d’abolir cette pratique.

M. Naqvi estime qu’il est important pour les policiers d’établir un contact avec les communautés et de pouvoir enquêter en cas d’activités suspectes.

Desmond Cole, ardent militant contre le «fichage», explique qu’il n’est pas contre le fait que les policiers discutent de façon informelle avec des citoyens, et même qu’ils interrogent des gens dans le cadre d’enquêtes formelles. Mais selon lui, les renseignements sur les gens qui ne sont pas soupçonnés d’un crime ne devraient pas se retrouver dans la banque de données de la police.

Le gouvernement libéral mènera des consultations sur le sujet au cours de l’été auprès d’organismes communautaires, de la police, des organismes de défense des libertés civiles et de la population. Il devrait déposer de nouvelles règles l’automne prochain.

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