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Le Front commun dévoile le contenu de l'entente

MONTRÉAL – Le Front commun syndical a dévoilé dimanche le contenu de l’entente de principe conclue avec le gouvernement du Québec. Bien que l’accord «ne soit pas la hauteur de ce que les syndicats avaient fixé au départ», il demeure tout de même assez «bon» pour qu’ils le recommandent aux membres qui devront se prononcer après le congé des Fêtes.

Le président de la Centrale des syndicats nationaux (CSN) Jacques Létourneau, la porte-parole du secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Lucie Martineau et le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, ont finalement révélé lors d’une conférence de presse à Montréal les détails de l’entente de principe qui sortaient au compte-goutte dans les médias au cours des derniers jours.

L’entente de principe prévoit des augmentations salariales équivalentes à 10,5 pour cent sur cinq ans. La hausse sera graduelle, passant de 1 pour cent en 2015, à 1,75 pour cent en 2016 et à 2 pour cent en 2018. En 2019, l’augmentation moyenne sera de 2,4 pour cent selon le secteur de travail.

À ces bonifications s’ajouteront un montant forfaitaire représentant 0,5 pour cent et les gains assurés à la table sectorielle, équivalents à 1,1 pour cent de masse salariale.

«Pour nous, c’est clair qu’on a atteint d’abord l’objectif d’éviter encore plus l’appauvrissement des travailleuses et des travailleurs et au final de l’exercice, considérant l’inflation (…) on devrait même effectuer un certain rattrapage salarial», a expliqué Jacques Létourneau.

De plus, l’âge de la retraite sans pénalité passera de 60 à 61 ans seulement en 2019. Les travailleurs de 60 ans qui auront cumulé 30 ans d’expérience pourront également prendre leur retraite sans être pénalisés.

La pénalité actuarielle, qui était fixée autour de 4 pour cent depuis 1998, sera par ailleurs augmentée à 6 pour cent à compter de 2020. «Moins que ça, c’était les autres travailleurs qui se retrouvaient à financer les départs à la retraite anticipés», a expliqué Lucie Martineau.

«On n’aime jamais ça présenter la préservation d’acquis comme étant un gain mais je vous avoue qu’on était inquiet en début de négociation (…) On a réussi dans le cours de cette négociation de faire abandonner la plupart de ces demandes-là par la partie patronale», a soutenu Daniel Boyer.

Les représentants syndicaux ont expliqué qu’ils avaient remarqué un changement de ton «depuis quelques mois» de la part du gouvernement dans la foulée des mobilisations «historiques» et des sondages d’opinion publique, qui penchaient en faveur des syndicats.

Ils ont remarqué notamment l’attitude calme du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, lors de la dernière grève du 9 décembre.

«Il n’a pas déchiré sa chemise, contrairement à ce qu’il faisait dans le passé (…) On sentait qu’il avait changé de ton. Fallait que cela se traduise aux tables de négociations, et on l’a constaté aux tables», a remarqué M. Boyer.

«Dans l’heure qui a suivi le dépôt de la contre-proposition syndicale, M. Coiteux nous disait qu’on était à des années-lumière d’un règlement alors que dans les faits, on a vu assez rapidement ce recentrage-là et vous savez, les sondages sont arrivés à peu près au même moment», a poursuivi Jacques Létourneau.

Le Front commun a par ailleurs promis de poursuivre sa lutte contre les «mesures d’austérité» du gouvernement Couillard malgré la conclusion de cette entente. «On va poursuivre la bataille (…) Elle va être aussi intense qu’elle a été avant le début des négociations. Est-ce qu’elle va prendre la forme de manifestations? Est-ce qu’elle va prendre la forme de suivre les ministres dans certains événements? Je ne le sais pas», a avancé M. Boyer.

«On défend toujours les travailleurs et travailleurs sur les deux fronts, c’est-à-dire sur le front des conditions de travail, mais également les conditions d’exercice de leur travail», a ajouté Mme Martineau.

Les conventions collectives du secteur public étaient échues depuis le 31 mars 2015. Le gouvernement proposait au départ une augmentation des salaires de 3 pour cent sur cinq ans, une offre que le Front commun jugeait «méprisante». Il demandait de son côté 13,5 pour cent d’augmentation en trois ans.

«C’était clair que le 3 pour cent d’augmentation sur cinq ans ça restait quelque chose de totalement inacceptable. À partir du moment où le gouvernement a « réenligné » les affaires comme il l’a fait, bien on peut dire quand même qu’on a fait un grand bout de chemin», a indiqué M. Létourneau.

Le Front commun représente 400 000 des 500 000 travailleurs de l’État. Il regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics — qui inclut la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) — la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Bien que le Front commun réunisse une partie considérable des employés de l’État, d’autres syndicats poursuivent leur négociation avec le gouvernement, dont la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

La FIQ, qui représente les infirmières, a déjà conclu une entente à la table sectorielle sur les conditions de travail, mais il reste encore les questions litigieuses des salaires et de la retraite. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’est dit «absolument convaincu» qu’un accord pourrait survenir avant les Fêtes.

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