Collaboration spéciale Bagages est diffusé dans le cadre des RIDM mardi à 18 h et le dimanche 19 novembre au cinéma Quartier latin à 15 h. On pourra aussi le voir à Télé-Québec le lundi 11 décembre à 21 h.

Cette semaine, Métro craque pour Bagages, Zaatari Djinn, Bahkita, les cosmétiques Bio Love, le Best Ove de François Pérusse, Lola Pater à Cinémania et Michel-Maxime Legault.

1. Bagages

«Est-ce que vous avez des sentiments de tristesse et pensez aux sentiments des immigrants?» demande une adolescente à Mélissa Lefebvre, sa professeure d’art dramatique à l’origine de Bagages, présenté aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Celle-ci s’est servie de son cours pour construire une pièce autour des récits d’une vingtaine d’ados issus de l’immigration, dont la parole se libère. Dans leurs valises, ils ont ramené une statuette iranienne, un porte-bonheur chinois, des lettres d’amitié brésiliennes, de mauvais souvenirs d’école («Ici, on ne te frappe pas») et de beaux souvenirs de leurs proches restés là-bas. On rit souvent – le rêve de certains, c’est de bien utiliser le «là, là» – et on essuie quelques larmes – «On était heureux, je m’ennuie d’eux.» On passe surtout une petite heure enrichissante avec des jeunes gens allumés et résilients qui savent que, dans quelques années, ils seront rentrés dans leurs terres d’origine ou seront définitivement ancrés ici. «J’ai hâte d’avoir l’accent québécois.»  (Baptiste Barbe)

2. Zaatari Djinn
Comme beaucoup de petites filles, Fatma aime se mettre du rouge à lèvres contre la volonté de sa mère. Mais elle dépend d’un camion de l’UNICEF pour l’eau. Miryam apprend des lignes du Roi Lear mais doit parler au téléphone avec son père de son village bombardé. Hammoudi écoute les histoires de sa grand-mère autour d’un feu de camp… de réfugiés. C’est ça, le docu Zaatari Djinn, de Catherine Van Campen – un nom prédestiné : des enfants qui s’occupent comme ils peuvent, sourient, pleurent. Forcent l’admiration. Aux RIDM, samedi à 20 h 15 au pavillon Judith-Jasmin Annexe de l’UQAM et dimanche à 17 h au cinéma Quartier latin. (Baptiste Barbe)

3. Bahkita
Le dernier roman de Véronique Olmi est passé bien près de remporter le Goncourt cette semaine. Parmi les titres en lice, il était même le favori de plusieurs critiques littéraires. Mais peu importe les prix : cette fresque historique demeure une œuvre marquante à lire absolument. Pour sa poésie. Pour son thème original. Retraçant le parcours d’une esclave née au Soudan, devenue religieuse en Italie puis canonisée en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II, l’auteure signe un roman d’une grande sensibilité. En librairie aux Éditions Albin Michel. (Jessica Dostie)

4. Les cosmétiques Bio Love

On pourrait faire beaucoup de jeux de mots à propos de la nouvelle gamme de cosmétiques Bio Love, sans doute élaborée avec amour par l’équipe de Druide et la chanteuse France D’Amour… Mais trêve de plaisanteries! Ce n’est pas la première fois qu’une artiste bien connue s’associe à une marque de cosmétiques. Cette fois-ci, toutefois, France D’Amour, qui avoue porter de plus en plus attention à ce qu’elle «met sur sa peau», s’est investie pendant deux ans avant le lancement, qui a eu lieu cette semaine. Résultat : une gamme de six soins pour le visage fabriqués à partir d’ingrédients bio et assez doux pour les peaux sensibles.  (Jessica Dostie)

5. Le Best Ove de François Pérusse

«Cresson notre camp, qu’est-ce que t’endives?» ; «On va finir su’ l’chômage avec des bas qui rentrent din souliers.» Des jokes niaiseuses, il y en a pour tous les goûts dans l’univers de François Pérusse. Pour la première fois, la légende de l’humour québécois a compilé ses meilleurs sketchs et ses meilleures chansons pour en faire son Best Ove. Pour y arriver, l’artiste ne s’est pas contenté d’enfiler ses extraits les plus populaires. Il a plutôt produit un ensemble cohérent qu’il narre lui-même et qui contient même quelques moments inédits. Une version du populaire jeu de société L’Osti d’jeu, dédiée à Pérusse, sort aussi aujourd’hui, en même temps que l’album.  (Mathieu Horth Gagné)

6. Lola Pater à Cinemania
Après le décès de sa mère algérienne, Zino (Tewfik Jallab) part à la recherche de son père, Farid, disparu il y a 25 ans. Lorsqu’il le retrouve, ce dernier lui avoue avoir changé de sexe pour enfin vivre sa vie en tant que Lola. Si ce n’est pas la première fois que la question du changement de sexe est traitée au grand écran, l’exercice n’en est pas moins périlleux, d’autant plus que le réalisateur Nadir Moknèche a choisi une communauté musulmane pour en parler. Avec finesse et sensibilité, Moknèche fait évoluer ses personnages en évitant les pièges faciles et les clichés pathétiques. Un film émouvant et délicat. Seul bémol, le choix de Fanny Ardant dans le rôle de Farid. L’actrice française a beau être talentueuse, on aurait préféré qu’une personne transgenre et maghrébine se glisse dans la peau de Lola. Drôle de pater! À Cinémania samedi à 21 h et dimanche
à 15 h 15 (Anicée Lejeune)

7. Michel-Maxime Legault

Katy Perry a eu son requin à la mi-temps du SuperBowl. Savoir compter de Marianne Dansereau a son dauphin. Celui qui narre cette histoire. Sous la cagoule du magnifique mammifère marin se cache le metteur en scène Michel-Maxime Legault, qui tient de ses nageoires le texte de la pièce. Sur les pages qu’il flippe(r) sont imprimés des passages à la fois très drôles, crus et remplis de «malaiiiises». Ce n’est pas nous qui le disons (enfin si, un peu), c’est l’animal. Parfois étonné, parfois émerveillé, parfois complètement découragé par les confrontations entre les personnages qui évoluent devant lui, devant nous. Comme le «gars de Vidéotron qui cruise des filles en ligne au McDo» (incarné par un Mathieu Quesnel parfaitement gluant) et le gynécologue qui a pour coutume de lancer «Quand c’est rose, c’est beau!». En entendant leurs discussions, le narrateur-nageur rit, soupire, lève les yeux au ciel et s’exclame : «Oupelaye! C’est dur de ne pas juger!» Une véritable bête de scène. Au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 1er décembre (Natalia Wysocka)

On se désole pour…

Daddy’s Home 2

Pas le film de la semaine. Et encore moins celui de l’année. Si ce film doit obtenir une récompense, c’est celle du «film-parfait-pour-occuper-la-belle-mère-au-chalet-avant-Noël». Bref, le film qui dépanne. C’est tout. Mais soyons honnête : c’est plutôt gentillet. À coups de becs sur la bouche, de gags et de blagues potaches durant le temps des Fêtes, Will Ferrell (fiston-fou-de-son-père), Mark Wahlberg (fiston-pas-fou-de-son-père), John Lithgow (papy-gâteux) et Mel Gibson (papy-dragueur) tentent d’injecter quelques rires dans un scénario savamment étudié pour la sieste post-dinde. Mais en novembre, c’est un peu trop tôt. Vous ne raterez rien. (Romain Schué)

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