Axia Films Les grands esprits a été tourné avec de vrais élèves et le recours à l’improvisation a été très fréquent.

Olivier Ayache-Vidal s’est immergé pendant deux ans dans un collège de la banlieue française afin que son premier long métrage, Les grands esprits, soit aussi fidèle que possible à la réalité.

Si les films sur les écoles sont nombreux, cela n’a pas dissuadé le metteur en scène d’ajouter son grain de sel. «J’avais envie de faire un film qui me correspondait, de raconter une histoire par rapport à ce que j’avais vécu», explique son cinéaste et scénariste, rencontré dans le hall d’un hôtel du Quartier latin.

Les grands esprits ne ressemble donc pas au palmé Entre les murs ni aux Sous-doués, qui avait tant fait rire son réalisateur à une autre époque. On suit plutôt un enseignant bourgeois (parfait Denis Podalydès) muté dans un milieu pauvre, qui finit par s’humaniser au contact de ses élèves.

Évidemment, au départ, cette rencontre provoquera des flammèches. Mais cela n’empêchera pas le héros d’enseigner sans juger. «Malheureusement, il y a beaucoup trop de professeurs qui estiment que si on ne sait pas quelque chose, on est bête, on n’a pas un grand esprit», révèle François Petit-Perrin, également de passage à Montréal, qui a enseigné à l’école où se déroule le long métrage.

«Ce que montre le film, dit-il, c’est qu’on peut très bien avoir un grand esprit sans savoir quelque chose et que le rôle du professeur est justement d’enseigner, d’apporter la matière pour nourrir cette intelligence.»

En faisant appel à de véritables élèves et en ayant recours à de l’improvisation et à une mise en scène transparente qui opte pour la sobriété, le récit vise la plus grande authenticité possible. «J’ai l’impression que le film a été réalisé par quelqu’un de bienveillant, avoue François Petit-Perrin. En même temps, il ne va pas donner une image idyllique des choses.»

Derrière son affabilité, Les grands esprits n’oublie pas d’ausculter le côté sombre de l’éducation, notamment le problème lié à l’exclusion. «J’ai découvert que chaque année, il y a 17 000 élèves qui sont exclus définitivement, fait remarquer Olivier Ayache-Vidal. Le prof va réussir auprès d’un élève jusqu’au moment où le système va l’exclure pour une injustice. Et j’en ai vu plusieurs. J’ai changé le scénario quand j’ai découvert ça.»

Pas des amis

Le prof idéal

Incarné par Denis Podalydès, métamorphosé dans la seconde partie des Grands esprits, l’enseignant de ce film est un modèle inspirant, s’il faut en croire le professeur François Petit-Perrin. «Il intéresse et implique les gens sans être négatif», note-t-il. Une autorité émane naturellement dans ses relations avec les élèves.

«Ce ne sont pas des amis, rappelle le cinéaste Olivier Ayache-Vidal. Je ne sais pas si c’est le cas ici, mais en France, les profs ne sont pas formés… Il faut se mettre au niveau de l’élève et le mettre en confiance. Une personne en confiance, ça vous pousse des ailes.»

Les grands esprits En salle présentement

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