Klô Pelgag

Aujourd’hui, Métro propose une édition spéciale dans toutes ses rubriques sur le thème de l’enfance.

Trois artistes d’âges et de professions différents se permettent de revenir là où tout a commencé.

Klô Pelgag, 27 ans, en parle justement dans ses chansons. De ce grand sentiment de nostalgie face à l’enfance, de cette réconfortante période de tendresse où la seule présence d’une mère peut calmer nos pleurs.

C’est d’ailleurs la famille et les lieux qui reviennent invariablement à l’esprit lorsqu’on se replonge dans ses souvenirs. «Il y avait une petite rivière qui partait derrière chez nous lorsqu’on allait faire des feux sur le bord de la mer, se remémore la musicienne. Je voulais faire partie de la gang de mes deux frères plus vieux et il y avait notre père qui nous fait des camps dans des arbres.»

Quant à Louise Portal, à qui on demande de plonger dans ses souvenirs, on la sent littéralement retourner à ce moment charnière où elle a 8 ou 10 ans. Entourée de ses sœurs, elle est déguisée, dans le sous-sol ou le garage, à faire des tours de magie ou à imiter Johnny Hallyday.

«Tout part de là, avance l’actrice de 66 ans. Nos parents nous ont beaucoup encouragés à cultiver nos talents artistiques. On était tombées dans cette potion-là, enfants, et ça ne nous a jamais lâchées. C’est pour ça que, chacune, on a décliné notre carrière autant comme comédienne, chanteuse et auteure.»

Il n’en faut pas plus pour se forger une identité et développer une aptitude qui nous soit propre. «J’étais extrêmement conventionnel, se rappelle l’écrivain Patrick Senécal, qui vient de fêter son 50e anniversaire. La seule affaire qui me mettait à contre-courant, c’était que j’écrivais des histoires, des bandes dessinées. J’avais déjà un monde imaginaire très développé et j’étais heureux quand je créais.»

«Parfois, je regarde des jeunes et je me dis : “J’y retournerais n’importe quand.” Pas pour changer ma vie – franchement, je ne peux pas imaginer une plus belle enfance que ça –, mais juste pour avoir plus de temps à vivre devant moi.» – Patrick Senécal, auteur,
qui a eu 50 ans cette année.

Tout chez lui était prétexte à de grandes aventures, que ce soit en jouant des après-midis à harponner Moby Dick à l’aide de crayons qu’il plantait dans du styromousse blanc ou en recréant avec ses amis La planète des singes durant les récréations.

«C’est extraordinaire, cette espère de sérénité totale, cette impression que la vie ne sera qu’un long party, évoque le romancier. C’est quelque chose que j’essaie encore de garder. Évidemment, le quotidien nous rattrape de temps en temps. Mais j’ai conservé ce côté ludique de l’enfance.

C’est encore très profond en moi. Je suis encore quelqu’un qui aime beaucoup jouer. Les choses qui ne me font pas plaisir, j’ai beaucoup de misère à les accepter, même si des fois, on n’a pas le choix.»

Toujours là
En vieillissant, l’être humain change finalement peu. Il y a évidemment un soupçon de sagesse, des cheveux blancs, des rides et c’est pas mal tout. La jeunesse demeure figée dans une bulle, voguant quelque part, prête à surgir n’importe quand.

«Je trouve que ce que je deviens aujourd’hui est cohérent avec ce que j’ai été enfant, dit Louise Portal. Il y a plusieurs années, j’ai écrit une très belle chanson sur le sujet, dont le refrain dit : «L’enfance nous ressemble / Et quand on devient femme / L’enfant qu’on a été / Marche à nos côtés.» Plus je vieillis et plus je réalise que l’enfant que j’ai été marche à mes côtés. Maintenant, je peux lui parler, je peux le rassurer, j’en prends soin, mais il est toujours là. J’ai encore la ferveur de l’amour, de la création, de la curiosité.»

Louise Portal et ses soeurs. De gauche à droite : Priscilla, Geneviève, Pauline et Louise

Retour vers le passé

Klô Pelgag embarque dans notre DeLorean et revit son enfance. Entre 8 et 10 ans, c’est l’âge de l’insouciance, des bonheurs intenses. Ceux qui alimentent une existence et qui peuvent faire sourire lorsqu’on y repense.

On a attrapé la charmante chanteuse après une prestation à la radio, en plein taxi. L’année qui s’achève a été faste pour l’auteure-compositrice-interprète avec des spectacles d’envergure et une multitude de prix récompensant le brio de son deuxième album, L’Étoile thoracique.

Tu as vécu ton enfance à la fin des années 1990…
Oui. Tout le monde tripait à cette époque-là sur les Backstreet Boys, et moi, je n’aimais pas ça. Mais j’embarquais dans le trip.

Quel chanteur était ton préféré?
Brian! (Rires)

Tu t’en rappelles encore?
Oui. Je pense que c’est un des premiers disques que mes parents ont achetés à ma demande. Mais je l’ai écouté juste une fois et je voulais le changer pour écouter, genre, Beethoven habite à l’étage.

On ne peut même pas parler de plaisir coupable.
Non. Il fallait que je fasse un peu semblant d’aimer ça pour avoir rapport. Quand on allait se faire garder, on faisait des jeux «Moi je suis Brian, moi Nick» et on dansait par-dessus des trucs. À cette époque-là, je préférais Kevin Parent. Je viens de la Gaspésie et il était comme un roi. Je tripais aussi sur Alegria du Cirque du Soleil. On faisait des chorégraphies avec des toutous, on leur faisait faire des culbutes. Des grands souvenirs!

Ils sont toujours étranges, ceux qui nous viennent en tête…
Ma mère me disait que j’avais une imagination spectaculaire. Je ne sais pas si c’est à cet âge-là, mais j’avais un ami imaginaire. Il s’appelait Éric. (Rires) Il fallait lui mettre comme une assiette et que mes parents s’adressent à lui.

Plein de gens avaient un ami imaginaire…
J’inventais des mots aussi. Des trucs qui n’existaient pas. J’avais l’impression que ça existait, mais ça n’existait pas. J’avais cette imagination-là. Mais moi, mon rêve était de devenir brigadière et poète. Avec ma mère, on avait fait notre propre dictionnaire des rimes. J’écrivais des poèmes dans les livres de recettes de mon père. Ils ont conservé ça, d’ailleurs. De la grande poésie! (Rires)

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