La programmation extérieure des FrancoFolies de Montréal dévoilée mercredi comporte son lot de vétérans, comme Éric Lapointe et Marjo, mais laisse aussi place à de jeunes artistes, la plupart issus du rap québécois. Métro s’est entretenu avec Laurent Saulnier, vice-président à la programmation chez Spectra, pour discuter de l’évolution du festival qui souffle ses 30 bougies.

La programmation extérieure comprend un mélange d’artistes établis et d’artistes plus jeunes. Est-ce que le public cible des Francos est en train de rajeunir?
C’est sûr que les Francos ont subi – et continuent de subir – une cure de rajeunissement. J’ai toujours trouvé important que les Francos s’adressent d’abord et avant tout à un public jeune; c’est une condition sine qua non du festival. D’autre part, on réussit de mieux en mieux à s’adresser à différents publics. La seule chose qui les rassemble, c’est leur envie, leur besoin d’écouter de la musique. C’est ce dénominateur commun qui est vraiment important.

Quels sont les critères pour choisir quels artistes se produiront à l’extérieur ou en salle?
Il n’y a qu’un critère: essayer de donner la meilleure programmation possible à ce moment-ci. Une autre chose importante, c’est où en est rendu l’artiste ou le groupe dans sa carrière, et si on a envie de le «donner» en cadeau au public. Bien sûr, il y a plein d’autres facteurs qui guident nos choix, et je pourrais justifier la présence en salle ou à l’extérieur d’à peu près tous les artistes.

Comment fait-on pour renouveler un festival qui roule depuis déjà 30 ans?
Le renouvellement de l’esprit du festival passe inévitablement par les artistes au programme. Ça prend de nouveaux artistes, mais aussi de nouvelles idées. Par exemple, l’an dernier, on est arrivé pour la première fois avec l’idée du studio Bell. Cette année, on se sert du studio Bell aussi comme local de répétition, pour que les gens puissent voir comment se monte un spectacle, puisque c’est diffusé en direct.

Quel est l’esprit des Francos?
L’esprit des Francos, d’abord et avant tout, en est un de party. Et il y a plusieurs façons de célébrer : un show hommage à Pauline Julien n’a rien à voir avec le party que va donner Alaclair Ensemble sur la place des Festivals, mais ça demeure une célébration, dans tous les sens du terme.

Est-ce que l’arrivée de nouveaux festivals comme Santa Teresa ou Mile Ex End a changé la donne pour vous?
Pas vraiment. C’est important de souligner que les Francos est le seul festival à se dérouler entièrement en français. Personne d’autre n’a osé relever ce pari. C’est la différence majeure entre les Francos et tous les autres festivals, et c’est ce qui nous pousse à être créatifs et à essayer de nouvelles choses.

Comment se porte la musique francophone depuis vos débuts aux FrancoFolies?
Je pense vraiment que la musique francophone en général est en bien meilleure santé qu’il y a 18 ans, quand j’ai commencé à programmer les Francos. Il y a une diversité qui était peut-être moins présente avant. On remarque aussi, depuis quelques années, que de plus en plus d’anglophones et de gens issus de différentes communautés culturelles débarquent aux Francos. Je trouve stimulant de voir ce mélange; ça augure bien pour l’avenir.

Parlant d’avenir, avez-vous l’intention de continuer encore longtemps?
Vous me poussez à la retraite? (Rires) Je n’en ai aucune idée. Je pense que dans le métier que je fais, le plaisir de travailler a un impact très important sur sa qualité. Comme je dis toujours pour la programmation, il faut y aller une année à la fois.

Fierté

Laurent Saulnier se dit particulièrement fier du concert Rapkeb Allstarz. Ce concert rassemblera de nombreuses figures du rap québécois, dont Koriass, Alaclair Ensemble et Dead Obies.

Les rappeurs vont se produire avec un gros groupe d’instrumentistes, une première pour certains d’entre eux.

Dimanche d’écoute

Pour Laurent Saulnier, il ne faisait aucun doute que Klô Pelgag aurait son concert extérieur sur la place des Festivals cette année. «Quand j’ai vu Klô avec l’Orchestre du temple thoracique l’an dernier, je me suis dit que c’était impossible que ce concert-là soit vu seulement par les 1 400 personnes au Théâtre Maisonneuve», raconte le vice-président à la programmation. Il savait aussi que son spectacle devait avoir lieu le dimanche 10 juin.

Après le succès de Desjardins, on l’aime tu! en 2017, M. Saulnier et son équipe ont décidé d’instaurer «les dimanches d’écoute», soit des concerts axés sur l’écoute, pour clore le premier week-end du festival en douceur.

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