Depuis qu’elle a commencé à faire de la musique, Jenny Salgado savait qu’un jour, elle réaliseraient un album solo. «Avant de pouvoir se définir en tant que groupe, il faut être capable de se définir en tant que personne, affirme celle que l’on connaît comme la chanteuse du célèbre groupe rap Muzion. Je voulais dire aux gens 😕 »C’est moi, Jenny, voilà ce que je suis. »
Ainsi, … Et tu te suivras est beaucoup inspiré de la vie de la chanteuse.

«Vu que c’est mon premier album solo, c’est mon histoire, affirme-t-elle. Mais je ne voulais pas qu’il soit trop introspectif. J’ai écrit une histoire plus globale pour que tout le monde puisse se l’approprier. C’est très imagé, pour que ça puisse être l’histoire de n’importe qui, qu’une journée, les gens aient l’impression de me connaître à travers mes chansons, et le lendemain, qu’ils se reconnaissent eux-même.»

Dans le même souffle, la chanteuse a décidé de demeurer inclassable quant au style musical qu’elle adopterait pour son disque. «C’était clair pour moi que j’allais me promener dans les styles parce que c’est un album concept dans lequel je raconte une histoire, explique-t-elle. Comme j’allais me promener dans les émotions, je ne pouvais pas me limiter à un seul style. Le rap, qui est un genre que j’adore, ne laisse pas de place à la mélodie, par ex­em­ple, donc ça ne me suffisait pas pour exprimer ce que je voulais.»

La chanteuse est consciente qu’une telle approche peut représenter un risque pour un artiste. «On est tellement conditionné à tout étiqueter que ça peut rebuter les gens quand ils ne peuvent pas définir un artiste, mais c’est un risque que j’étais prête à prendre.» Une constante sur l’album de Jenny Salgado est son amour évident de la langue française. «J’adore les mots, j’adore la musique, je trouve que chacun de ses éléments est puissant même quand on le prend seul, alors quand on les réunit, ça donne une force incroyable», lance-t-elle.

La force des mots, c’est d’ailleurs quelque chose que la chanteuse utilise notamment dans les causes qu’elle défend. Dans son Å“uvre solo tout comme avec Muzion, l’engagement social de Jenny se fait sentir. Inévitable? «Je pense que oui, opine-t-elle. Je crois que tout le monde devrait être engagé, parce qu’à la minute où tu prends conscience que chaque décision que tu prends, chaque action que tu poses a une  incidence sur le reste du monde, tu prends conscience de tes décisions et tu deviens engagé. On n’est pas que des individus, on forme un tout, et trop de gens l’ont oublié.»

Cet engagement, Jenny Salgado l’exprime notamment à travers la chanson Spit White, un hommage au poème Speak White de Michèle Lalonde, une Å“uvre qui a beaucoup marqué la chanteuse. «Je voulais faire une version 2010 de ce poème parce que je le trouve très actuel, explique-t-elle. Je trouve que les gens se font encore trop souvent imposer une identité, comme les Anglais en imposaient aux Québécois francophones à l’époque. On voudrait que j’aie une identité soit haïtienne, soit québécoise, mais je trouve ça bien de pouvoir mélanger les cultures. Le plus de cultures que je peux intégrer, le mieux je me porte!»

…?Et tu te suivras
En magasin dès mardi

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!