Après s’être retrouvé Dans la nature jusqu’au cou, Avec pas d’casque a eu envie d’espace. Chose faite avec Astronomie.

Lorsqu’on demande à des copains, en fin de soirée, «Dis, c’est quoi ta philosophie de vie?», immanquablement, les moins originaux répondent toujours un truc du style : «Euh… carpe diem?» Les plus inventifs, eux, citent du Stéphane Lafleur. Le parolier d’Avec pas d’casque, observateur hors pair, sort en effet à la pelle des petits bijoux de finesse et de justesse. Et le quatrième disque de sa formation, Astronomie, à paraître mardi sous étiquette Grosse Boîte, ne fait pas exception à la règle.

Oui, l’album regorge de considérations délectables. «J’ai la patience d’une file d’attente», chante Lafleur sur Défrichage. «Amène-moi à Mirabel / Voir les avions supersoniques / Shotgun sur la table à pique-nique», fredonne-t-il sur Apprivoiser les avions. 

Mais sortir d’autres extraits du genre du contexte de la composition serait gâcher le plaisir de l’auditeur. D’ailleurs, Lafleur préfère ne pas trop commenter ses écrits. «Les paroles sont souvent très ouvertes à l’interprétation, dit-il. Quand on se met à trop expliquer les chansons, elles peuvent facilement perdre de leur intérêt pour la personne qui les a écoutées et qui les trouvait plus intéressantes de la façon qu’elle les avait imaginées!»

Le chanteur à la voix «qui n’a rien d’un ange», dixit lui-même, confie avoir senti que son groupe s’était engagé dans «un vrai virage» en 2008, avec leur dernier disque, Dans la nature jusqu’au cou. «On a fait plus de spectacles, les gens connaissaient les chansons… Veut, veut pas, ça donne confiance.»

Cette confiance gagnée, Avec pas d’casque s’est attelé à la production d’Astronomie, un titre «inspiré par un bricolage d’enfants fait d’assiettes d’aluminium et de gouache» que les gars ont aperçu un jour.

«Les trois, on a flashé là-dessus, je ne sais pas trop pourquoi. Après coup, je me suis demandé : ‘‘Est-ce que c’était vraiment un si bon titre que ça?! »» raconte Lafleur en riant. Reste que le terme a teinté les nouvelles tounes d’une couleur particulière. Le folk lo-fi d’Avec pas d’casque s’est fait un peu plus atmosphérique, étoilé. «On parle d’astronomie et de nuit sans nécessairement que ce soit sombre. C’est sûr qu’après avoir fait un disque qui s’appelle Dans la nature jusqu’au cou, il fallait s’élever. Il nous restait l’espace!»

Pour ce quatrième album, le bassiste Nicolas Moussette, le batteur Joël Vaudreuil et le chanteur Lafleur ont accueilli un quatrième membre dans leur groupe, Mathieu Charboneau, au synthétiseur, «aux verres de plastique» et au baryton. Une présence cuivrée, qui est apparue comme ça, de façon naturelle. «À un moment donné, on s’est virés de bord dans la van et on s’est rendu compte qu’il y avait une quatrième personne avec nous», blague le chanteur de la formation. Résultat, la bande est passée, en quatre opus, de duo, à trio, puis à quatuor. «Je ne sais pas où ça va nous mener. Si on a une longue carrière, on va finir avec un orchestre symphonique!» lance Lafleur. Et, juste au cas, quelle qualité faut-il posséder pour joindre la bande? «Être gentil.» Gentil? «Oui. La musique, ce n’est pas ce qui nous fait vivre. Si, en plus, on est obligés de s’obstiner tout le temps, il n’y a vraiment pas d’intérêt!»

Astronomie

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