La ritournelle: «Jouer un éleveur de bovins était très tentant»
Jean-Pierre Darroussin chausse les bottes d’un agriculteur normand marié à une Isabelle Huppert en quête d’ailleurs dans La ritournelle, de Marc Fitoussi. Il revient sur cette aventure conjugale et rurale, évocatrice de lointains souvenirs d’enfance.
Pourquoi cette Ritournelle vous a-t-elle séduit?
Pour son authenticité et sa sincérité, mais aussi parce que jouer un éleveur de bovins était très tentant. Jusqu’à mes 18 ans, j’ai passé plusieurs mois par an dans l’exploitation de mon oncle, éleveur dans le Berry. J’étais très nostalgique: j’adore ces bêtes, être près d’elles… Et il y a longtemps que je n’avais pas traîné derrière les vaches! (rires)
Le film a l’intelligence d’aller contre les clichés ruraux…
Comme ils n’ont pas forcément accès à ces milieux, les citadins s’imaginent souvent les paysans à l’ancienne. Ça existe encore, bien sûr, mais il y a aussi de la diversité: on trouve des gens rustres en ville, et il y a des paysans qui, malgré un métier chronophage, ont du raffinement. Surtout dans les élevages prospères qui laissent le temps de s’évader un peu.
L’évasion, c’est justement ce dont rêve le personnage d’Isabelle Huppert.
Oui. Son mari est obsédé par son travail, s’enferme dans son quotidien, mais elle rêve d’autres possibles. Or, quand on est agriculteur, il est difficile de s’en abstraire. Dans ce milieu contraignant, la gestion de la liberté au sein du couple, une problématique à laquelle nous sommes tous confrontés, prend tout son sens.
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La ritournelle
En salle dès vendredi