Thomas Bilodeau-Blain Jean-François Nadeau signe le spectacle de clôture du Jamais Lu, Le grand ballet des détails qui tuent, avec le groupe Avec pas d’casque.

Orchestré par Jean-François Nadeau et Marcelle Dubois, le 11e festival du Jamais Lu veut savoir : Où est-ce qu’on est?

Quand est venu le temps de choisir les textes qui feraient l’objet du 11e festival du Jamais Lu, un constat s’est imposé : «Il s’en dégageait un grand vide existentiel, autant dans le vide amoureux que sociopolitique et spirituel, explique le co-directeur artistique de cette année, Jean-François Nadeau. On a donc résumé ça en une question : Où est-ce qu’on est? Il y en a qui disent qu’on n’a jamais su autant où on était avec Facebook, Twitter, les 300 postes de télé… Moi, je trouve qu’autant on sait où on est, autant on n’est pas capable de le nommer. Alors, c’est ce qu’on va essayer de faire. Mais les auteurs n’apportent pas tellement de réponses, ils témoignent plutôt d’un état qui est un moteur pour la réflexion.»

Le comédien, auteur et nouvellement Zapartiste Jean-François Nadeau connaît bien le Jamais Lu, où il a eu l’occasion à quelques reprises de «tester» des textes. Car tel est le mandat du festival : offrir une tribune aux auteurs de la relève théâtrale québécoise pour la lecture de textes inédits. «C’est vraiment tripant, lance le directeur artistique avec enthousiasme. On vient entendre les paroles les plus vivantes, les plus fortes, les plus significatives de cette année… et des prochaines années, parce que c’est une vitrine; ce festival, les textes présentés sont tous de futurs spectacles.»

Cette année, Jean-François Nadeau s’est donné comme mandat de «décloisonner» le festival. «Après une dizaine d’années, il se développe parfois un esprit de clique, explique-t-il. J’ai pensé à des soirées où on ouvrirait la porte à de nouveaux auteurs, à des poètes, des slameurs, des performeurs, pour que ça ne s’adresse pas seulement aux dramaturges. Et aussi, cette année, je suis vraiment fier des distributions. Il n’y a qu’une actrice et un acteur qui se retrouvent dans deux shows, sinon il y a vraiment du monde de partout.»

Il y a quelque chose d’historique qui se passe au Québec en ce moment, et moi, ça me donne le goût de vivre. - Jean-François Nadeau

Une collaboration avec une classe de 6e année d’une école de Villeray, qui signe un texte collectif qui sera lu par des acteurs professionnels, promet d’être très intéressante et contribue à donner un visage plus «humain» au festival, croit Nadeau.

Aux néophytes, le comédien suggère fortement de commencer par le spectacle d’ouverture, Lettres ouvertes/poings fermés, dont il a imaginé le concept avec l’acteur Louis Champagne. «Ça permet de voir si on a le goût de la suite, explique-t-il. Je pensais que ça serait seulement politique, mais finalement les auteurs vont beaucoup dans l’intime : ils ont écrit des lettres à leurs voisins, à leurs amoureux; il y en a même une à Scott Gomez!»

Le nouveau Zapartiste croit par ailleurs que, si le rôle d’un artiste n’est pas simplement politique, c’est un aspect important de l’art qu’il ne faut pas nier : «Je pense qu’un artiste qui dit qu’il ne fait pas de politique passe à côté de la vraie affaire. C’est sûr qu’un artiste est là pour nous faire rêver, nous faire voyager, pas seulement pour prendre position, mais moi, les deux m’intéressent.»

Des textes forts, choisis avec soin – une dizaine parmi les 75 textes soumis – seront proposés au public, pour qui l’expérience promet d’être intéressante, croit Jean-François Nadeau. «En tant que spectateur, on est dans un état de fébrilité, décrit-il. On peut tout s’imaginer, tout est là, et on s’imagine les décors, les costumes… On se fait notre propre show, donc on ne peut pas être déçu!»

Programme du Jamais Lu

  • Lettres ouvertes/poings fermés (Louis Champagne et six auteurs) : Vendredi à 20 h
  • Où est l’auteur dans la production de son œuvre? (table ronde) : Samedi à 16 h
  • Plaza (Emmanuelle Jimenez) : Samedi à 20 h
  • La messe en 3D (Annick Lefebvre) : Dimanche à 14 h
  • Mauvais goût (Stéphane Crête) : Dimanche à 20 h
  • Les couleurs d’Amy (Les élèves de 6e année de l’école Saint-Grégoire-le-Grand) :  Lundi à 13 h 30
  • En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas (Steve Gagnon) : Lundi à 20 h
  • Statu Quo (Gilles Poulin-Denis) : Mardi à 13 h 30
  • Carole et Lise reçoivent (Carole Fréchette, Lise Vaillancourt et convives) : Mardi à 18 h
  • Qui file (Camille Roy) : Le 9 mai à 17 h
  • Le monde sera meilleur (Édith Patenaude) et Le mécanicien (Guillaume Corbeil) : Le 9 mai à 20 h
  • Les Morb(y)des (Sébastien David) : Le 10 mai à 20 h
  • Testaments, cartes de souhaits et mémos (Larissa Corriveau) : Le 10 mai à 22 h
  • Fenêtre ouverte sur la classe de maître (Daniel Danis et les 15 auteurs participants) : Le 11 mai à 17 h
  • Le grand ballet des détails qui tuent (Jean-François Nadeau, Avec pas d’casque et les auteurs du 11e Jamais Lu) : Le 11 mai à 20 h

 

Festival du Jamais lu
Au Théâtre Aux Écuries
Du 4 au 11 mai

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