Argus Films Une scène se déroulant dans un centre de tri.

Les publicités ne se gênent pas pour clamer haut et fort que le Québec est un leader en matière de recyclage. Mais qu’en est-il vraiment? Pour en avoir le cœur net, nous avons discuté avec le documentariste Denis Blaquière, qui propose avec La PouBelle Province un road trip en camion vidange.

Dans votre documentaire, on découvre que ce n’est pas rentable de récupérer…
Je pense que la plupart des citoyens ne réalisent pas que la gestion des déchets résiduels implique beaucoup d’intérêts conflictuels. Tant que les grands enfouisseurs vont détenir des permis pour enfouir des millions de tonnes de déchets à des prix aussi bas que 30$ la tonne alors que ça coûte 100$ la tonne pour recycler une tonne de matière, jamais une industrie du recyclage et de la récupération digne de ce nom ne va réussir à s’implanter au Québec. Qui sont les concurrents des grands enfouisseurs? Ce ne sont même pas d’autres enfouisseurs – parce qu’ils sont quatre gros à s’être divisé le territoire et que chacun a son petit cartel et monopole –, mais l’industrie du recyclage.

Et comment inverse-t-on la balance?
Le gouvernement est non seulement très timide pour ce qui est des politiques susceptibles de favoriser une véritable industrie de la récupération, mais il met ça dans des délais qui n’ont pas de bon sens. C’est seulement dans un an qu’on va interdire d’enfouir le carton. Les restes de table, on se donne jusqu’en 2020. On avance à pas de tortue, alors que les citoyens sont prêts à suivre. La solution, c’est qu’il faut qu’il y ait une volonté politique, avec des lois qui soient un peu plus contraignantes et là, ça va marcher. Ça nous prend un gouvernement qui va avoir la ferme volonté de donner un coup de barre.

Vous prenez souvent comme exemple la Nouvelle-Écosse…
Cette province a mis son point sur les i en 1998. Elle a interdit d’enfouir tout ce qui était recyclable et compostable. Cela lui a pris deux ans et elle est devenue la championne du recyclage au Canada. Il y a des délégations du Japon qui sont allées à Halifax pour voir comment elle a fait. Pas de danger que nos politiciens, ici au Québec, fassent quelques kilomètres pour les imiter!

La PouBelle Province
En salle dès vendredi

Aussi dans Culture :

Dû à un problème technique relié à la publication de publicités sur notre site web, nous avons temporairement désactivé la zone de commentaires sur le site web. En attendant que le problème soit réglé, nous invitons les lecteurs à faire leurs commentaires via notre page Facebook, soit directement sur notre mur, ou en message privé. Merci de votre compréhension et merci de nous lire!