20th Century Fox Le réalisateur Alejandro Gonzalez Iñárritu et l’acteur Leonardo DiCaprio sur le plateau du film The Revenant

Alejandro Gonzalez Iñárritu a poussé son équipe et ses acteurs aux limites de leur endurance pendant le tournage de son dernier film, The Revenant. Le réalisateur explique pourquoi c’était nécessaire.

Dans The Revenant (Le revenant), Leonardo DiCaprio joue le trappeur du 19e siècle Hugh Glass, un personnage qui arbore une barbe infestée de poux, et, d’un point de vue plus flatteur, un rôle qui pourrait enfin lui valoir un Oscar. Une victoire au gala en février revigorerait sans doute les acteurs qui ont traversé un «enfer sur terre» en tournant dans des températures sous zéro au Canada et en Argentine – certains des membres de l’équipe ont d’ailleurs abandonné le navire et qualifié le réalisateur Alejandro Gonzalez Iñárritu de «fou furieux». Dans ce film du cinéaste mexicain qui fait suite à l’oscarisé Birdman, Glass survit miraculeusement aux éléments et à ses ennemis, et traîne son corps meurtri sur un territoire infini de roches et de rivières gelées, afin de se venger du traître John Fitzgerald (Tom Hardy). Le cinéaste en parle à Métro.

Plusieurs membres de la distribution ont quitté la production en disant que c’était un «enfer sur terre». Pensez-vous en avoir trop demandé à votre équipe?
Vous savez comment parfois, on va en voyage en Grèce avec des gens, et certains d’entre eux vont y voir ces incroyables paysages et bâtiments pleins de culture et d’histoire, alors que d’autres vont raconter n’avoir vu que des roches et n’avoir rien compris à tout ça. Si certaines personnes ont trouvé que c’était l’enfer, c’était leur vision. Ce tournage n’était pas fait pour tout le monde, mais la plupart ont eu de la résilience et de l’endurance, ce qui est le thème du film, justement.

Il y a une scène assez brutale dans laquelle Glass utilise son cheval mort comme abri…
L’idée était qu’il avait été soigné spirituellement par l’autochtone pawnee, dans la scène avec le buffle, puis que la nature l’a soigné physiquement grâce à la chaleur du corps du cheval. C’est comme ça que la nature fonctionne: les organismes vivants se nourrissent d’autres organismes vivants.

Était-ce important pour vous que le film soit aussi cru et vrai que possible, avec tout le sang que ça implique?
Je crois qu’il fallait faire constater au public que ce n’est pas un film pasteurisé. C’est un film vrai, physique.

«Je ne suis pas fou furieux. Un peu dingue, peut-être… parce qu’il faut l’être pour devenir cinéaste.» – Alejandro Gonzalez Iñárritu

Le film montre un conflit entre les Pawnees et des coureurs des bois. Vous aviez envie de rallumer le débat au sujet du traitement qu’ont réservé les États-Unis aux Premières Nations?
Ce que je voulais montrer plus que tout, c’est à quel point l’interaction entre ces hommes aveugles et ignorants, guidés seulement par l’appât du gain, tue chaque arbre, chaque animal pour en extraire toutes les ressources naturelles. Leurs actions ont causé tellement de souffrance aux communautés à l’époque, et c’est à l’image de la façon dont nous agissons encore aujourd’hui. Je crois que c’est bon de comprendre que cette ère est l’époque de l’histoire où le système basé sur la recherche effrénée du profit a été implanté: l’idée que l’argent est un dieu, que les droits s’achètent. Un système qui tue tout.


The Revenant
En salle dès vendredi

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