Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Si seulement le mois d’octobre pouvait durer 180 jours — la durée de la saison de la Ligue nationale de hockey — plutôt que 31.

Voilà la phrase qui a possiblement traversé l’esprit de Michel Therrien à son réveil vendredi matin, alors qu’il avait accordé à ses joueurs un congé non prévu mais amplement mérité.

Depuis qu’il a pris les rênes du Canadien le 5 juin 2012, Therrien a vu son équipe subir seulement 11 revers — dont deux en prolongation — lors des 44 matchs auxquels elle a pris part au mois d’octobre. Cette récolte de 68 points sur une possibilité de 88 confère au Canadien un spectaculaire pourcentage d’efficacité de ,773.

Selon Elias Sports, le Canadien (7-0-1) est devenu la première formation de l’histoire du circuit à gagner au moins sept de ses huit premiers matchs lors de trois saisons d’affilée.

Et en arrachant une victoire de 3-1 au Lightning de Tampa Bay jeudi soir au Centre Bell, les hommes de Therrien ont égalé un exploit réalisé une seule fois auparavant. Jusque-là, seuls les Sharks de San Jose, lors des saisons 2012-2013 et 2013-2014, avaient obtenu un point au classement lors de leurs huit premières sorties et ce, lors de deux campagnes consécutives.

Même s’il devait baisser pavillon en prolongation face aux Maple Leafs de Toronto samedi soir au Centre Bell, le Canadien écrira une autre page d’histoire de la LNH puisque les Sharks ont subi un revers en temps réglementaire lors de leur neuvième match en 2012-2013.

Évidemment, personne ne sait autant que Therrien que les records en octobre ne garantissent pas la présentation d’un défilé dans les rues d’une ville à la fin de la saison. Après tout, ce n’est pas le baseball ni la Série mondiale!

Mais un peu comme l’a expliqué Max Pacioretty après le duel face au Lightning, le Canadien gagne par comité jusqu’à maintenant cette saison, et obtient la contribution de tous.

Reste à savoir jusqu’à quel point des joueurs dits «de soutien» comme Torrey Mitchell (4-0-4) et Phillip Danault (2-2-4) seront en mesure de maintenir la cadence, en attendant une collaboration accrue d’un Tomas Plekanec (0-3-3), par exemple.

Dans les buts

Si la plupart des observateurs s’attardent à l’exceptionnel rendement du défenseur Shea Weber depuis le début de la saison, les statistiques tendent aussi à indiquer que la réussite du Tricolore jusqu’à maintenant passe par le travail dans les filets. Et pas uniquement celui de Carey Price.

La saison dernière, entre les mois de décembre et avril, Mike Condon, Dustin Tokarski, Ben Scrivens et Charlie Lindgren ont accordé en moyenne trois buts par match et affiché un taux d’arrêts cumulatif de ,901.

Durant cette période, ces quatre gardiens ont reçu, en moyenne, un peu plus de 29 tirs par match, alors que Price et Al Montoya ont jusqu’à maintenant dû affronter presque 31 tirs par rencontre.

Or, le Canadien est la seule équipe du circuit à avoir concédé moins de deux buts par match depuis le début de la saison (1,50, si l’on ne tient pas compte du but décisif lors de la défaite de l’équipe en fusillade à Ottawa), alors qu’il s’en marque presque six par rencontre. Et le taux d’arrêts combiné de Price et de Montoya s’élève à ,951.

Par ailleurs, l’avantage numérique du Tricolore semble prendre un peu de tonus après avoir inscrit trois buts à ses huit dernières tentatives. Du coup, le Canadien a haussé son pourcentage d’efficacité à 20,7 pour cent, bon pour le 15e rang avant les rencontres de vendredi.

Et ce ne furent pas des buts sans importance; deux d’entre eux ont procuré des victoires — contre les Flyers et les Islanders —, tandis que celui d’Alex Galchenyuk jeudi soir a égalé le score en troisième période et donné le coup d’envoi à une poussée de trois filets sans riposte.

De plus, le Canadien excelle en désavantage numérique, où il n’a donné que trois buts en 31 tentatives à ses adversaires — et aucun au Centre Bell —, pour un pourcentage d’efficacité de 90,3 pour cent, bon pour le quatrième échelon.

Si l’on combine ces statistiques au fait que Therrien a eu la main heureuse lors de chacune des décisions qu’il a prises jusqu’à maintenant, on se retrouve avec une équipe qui gravite dans les sommets de la LNH et qui semble destinée à y rester. À moins que les blessures ne viennent tout faire dérailler.

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