QUÉBEC – Malgré la confiance affichée par les dirigeants des universités, les libéraux ont pressé le gouvernement, mercredi, de compenser leurs établissements pour l’annulation de la hausse des droits de scolarité.

Le porte-parole en matière d’enseignement supérieur, le député Gerry Sklavounos, a estimé que la décision de la première ministre Pauline Marois prive les universités de 40 millions $ pour l’exercice 2012-13.

«Ils n’ont pas vu la couleur de l’argent effectivement, et c’est inquiétant parce que là, ça presse, la session a commencé», a-t-il dit lors d’un point de presse.

En annulant la hausse des droits de scolarité, en septembre, Mme Marois avait affirmé que cela n’affecterait pas les budgets dont disposent les universités.

Le cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a indiqué mercredi qu’aucune compensation n’a encore été donnée aux établissements universitaires.

Le porte-parole Joël Bouchard a déclaré qu’aucun n’engagement n’a été pris à ce sujet puisque des discussions sont toujours en cours.

Lors d’un point de presse, M. Sklavounos a affirmé que M. Duchesne a mis en doute le sous-financement des universités, qui avait mené le précédent gouvernement des libéraux à hausser les droits de scolarité.

«Avec un ministre de l’Enseignement supérieur qui doute publiquement du sous-financement de nos universités, je suis encore plus inquiet, a-t-il dit. Est-ce que cette position pourrait remettre en question la compensation promise?»

Une porte-parole de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ), Chantal Pouliot, a néanmoins affirmé que le regroupement demeure optimiste.

«On n’a aucune raison de croire que le gouvernement ne va pas donner suite à l’annonce qui a été faite, a-t-elle dit. On n’a pas de signe à cet effet.»

La vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Denise Boucher, a estimé que le gouvernement devrait attendre les conclusions du prochain sommet sur les universités avant d’offrir une compensation pour l’année financière en cours.

En sortant d’une rencontre avec M. Duchesne, Mme Boucher a affirmé que les administrations universitaires ont la marge de manoeuvre nécessaire et devraient tout simplement mieux utiliser les fonds à leur disposition.

Selon la syndicaliste, une meilleure gestion dégagerait quelques millions de dollars.

«Que le gouvernement fasse le sommet, qu’on regarde les choses correctement, et que les universités aillent chercher les argents dans des activités dans lesquelles elles sont capables d’aller en chercher», a-t-elle dit.

Mme Boucher a affirmé qu’elle avait discuté des sujets qui devraient être abordés lors du sommet sur les universités, promis par le gouvernement, qui souhaite indexer les droits de scolarité.

«Ça ne peut pas seulement toucher le financement des universités mais aussi les questions de la valorisation des missions, de la recherche», a-t-elle dit.

Mme Boucher a affirmé qu’avant de décider si les universités souffrent de sous-financement, il y a un grand ménage à faire dans leurs livres comptables.

«Nous on n’a jamais parlé de sous-financement, on a toujours parlé de ‘mal-financement’», a-t-elle dit.

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