Isabelle Bergeron / TC Media David Lemieux

Né à Cartierville, c’est à Ahuntsic que David Lemieux a découvert la boxe. Pour ce fils d’immigrante, le chemin du succès a été long et parsemé d’embûches, dans le sport, comme dans la vie. À 26 ans, Lemieux se bat pour la première fois pour un titre mondial.

Au début de sa carrière, Lemieux démolissait tout sur son passage. À ses 25 premiers combats, il a triomphé 25 fois, presque toujours par knockout. On le prédestinait à une carrière fulgurante. Mais, le 8 avril 2011, tout bascule. Il perd par K.–O. technique contre Marco Antonio Rubio.

Erreur de parcours?
Quelques mois plus tard, une autre défaite contre Joachim Alcine. Commence alors une période de doutes. Serait-il un feu de paille?

Face-à-face avec N’Dam lors de la conférence de presse au centre Bell, le 18 juin. Photo: Isabelle Bergeron / TC Media

Depuis, le boxeur s’est repris en main, la soif de victoires et de championnats est trop forte. Il assure qu’il a beaucoup changé.

«Si tu crois avoir étudié Lemieux, laisse-moi te dire que tu n’as pas bien fait tes devoirs», avait-t-il lancé à N’Dam avant son combat pour la ceinture de l’International Boxing Federation (IBF).

Parcours difficile
David Lemieux est né et a grandi à Cartierville. «J’ai habité longtemps dans le coin des rues Saint-Real et Dudemaine. J’ai grandi sur la rue Dudemaine», raconte-t-il. Enfant, son secteur de prédilection était autour du parc Marcelin-Wilson. Il a fréquenté un court moment l’école du quartier, Saint-François-de-Laval. «La direction m’a mis dehors parce que j’aimais beaucoup la bagarre», se souvient-il.

C’est un bagarreur qui n’a pas la vie facile. Sa mère arménienne née au Liban a fui ce pays durant la guerre civile. Elle s’est mariée à Montréal et a donné naissance à deux enfants avec ce premier conjoint: David et son frère ainé.

Rencontres opportunes

Toutefois, le boxeur ne connaîtra jamais son père biologique. C’est un père adoptif, Garo Melekian, qui prendra soin du jeune David.

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Photo: Isabelle Bergeron / TC Media

«C’est une personne exceptionnelle. Je le considère comme mon vrai père, explique-t-il. Nous n’avons pas de liens du sang, mais notre relation est plus forte encore.» Dans le quartier très coloré de Cartierville, le petit Lemieux n’arrive pas à rester longtemps dans une école et passera beaucoup de temps dans la rue à chercher le trouble.

Sa chance, c’est d’avoir pour voisin le boxeur Baha Lahham. Le sportif d’origine libanaise s’entrainait au Ring 83, un gymnase installé dans une ancienne caserne de pompier sur la rue Saint-Urbain, à Ahuntsic, où son père Issam Lahham s’occupait des athlètes.

«Il me voyait beaucoup me battre dans la rue. Un jour, il m’a dit vient au gymnase, ça va te faire du bien, se souvient-il. C’est là où je suis tombé en amour avec la boxe.» Ce changement dans la vie du jeune enfant va structurer tout le reste. «Une fois que la boxe s’est installée dans ma vie, l’école aussi a trouvé une place dans mon parcours.»

David Lemieux, qui se battra pour un titre mondial samedi, a encore quelques années devant lui pour livrer d’autres combats, sur le ring et dans la vie.

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