Gracieuseté Une activité d'agriculture en bac menée au Centre d'hébergement pour personnes âgées de LaSalle, sur la rue Centrale.

Cultiver son potager en pleine ville est un phénomène qui gagne en popularité, mais qui est loin d’être nouveau. Les LaSallois le font depuis 1936, quand le tout premier jardin communautaire de l’île de Montréal a vu le jour.

Les Jardins communautaires Charles-Nagy, partagés en 152 terrains d’environ 7×15 mètres (25×50 pieds), suffisent à peine à la demande.

«On a dû diviser certains terrains en deux pour pouvoir accommoder plus de gens», explique Robert Cousineau, membre du conseil d’administration de la Société d’horticulture de LaSalle, responsable des jardins. Les parcelles étant assez vastes, leur fractionnement facilite la tâche à ceux qui ont moins de temps ou d’énergie pour entretenir un potager.

Les jardiniers lasallois peuvent également se tourner vers le Jardin des Rapides, situé près du canal de l’Aqueduc. Ce dernier compte 190 jardinets, avec aussi une liste d’attente.

Éducation
Les jardins communautaires sont utiles pour assurer la sécurité alimentaire des résidents, mais ont également une fonction très importante de transmission du savoir.

Vincent L’Espérance se rend avec ses trois filles presque tous les soirs à sa parcelle. Pour lui et sa conjointe, le jardinage est un apprentissage crucial à transmettre à ses enfants. «Si on les y habitue jeunes, elles seront beaucoup plus enclines à le faire plus tard», souligne-t-il.

Plusieurs projets éducatifs d’agriculture urbaine sont nés à LaSalle, portés par la Table de développement social(TDS) à travers des partenariats avec différents organismes comme Quartiers 21 et LaSalle en santé. «L’objectif, c’est que les jeunes développent des notions de saine alimentation et y prennent goût», explique Laura Carli, coordonnatrice à la TDS.

Aux écoles Pierre-Rémy et Petit-Collège, les élèves ont pu participer à un programme d’initiation à l’agriculture, où leur jardin est entretenu par des bénévoles et des parents pendant l’été. Ils recueilleront le fruit de leurs efforts cet automne.

Les adultes aussi peuvent apprendre à jardiner grâce au Nutri-Centre, qui offre des ateliers régulièrement.

Rencontres
Les jardins sont un lieu d’échange au potentiel exceptionnel. Aux Jardins Charles-Nagy, la majorité des membres sont issus des communautés culturelles. «On essaie de répartir les gens autant que possible pour favoriser la mixité culturelle et éviter les ghettos, note M. Cousineau. Les gens s’échangent des trucs, se donnent des nouvelles, partagent des semences.»

À voir un des plus anciens membres des jardins, Francesco Marini, saluer avec entrain son voisin de terrain d’origine hindoue, force est de constater que la méthode est efficace.

Le jardinage ne facilite pas seulement les rencontres entre communautés, mais aussi entre générations. Une activité d’agriculture en bac menée au Centre d’hébergement pour personnes âgées de LaSalle, sur la rue Centrale, invitait les enfants des garderies voisines à cultiver des légumes sur le terrain du centre.

Le projet intergénérationnel a été un tel succès que le terrain de 2355 mètres carrés situé à l’arrière du bâtiment sera aménagé pour permettre son expansion.

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