Photo tirée de Facebook Michel Cadotte

Michel Cadotte, accusé du meurtre au deuxième degré de sa femme atteinte d’Alzheimer, a affirmé au tribunal avoir voulu que Jocelyne Cadotte puisse mourir avec «dignité».

De retour au Palais de justice pour son enquête sur remise en liberté, Michel Cadotte, un résident de Montréal-Nord, a expliqué devant le tribunal les circonstances dans lesquels il a aurait mis fin aux jours de sa femme.

L’accusé a affirmé avoir été «faché» des conditions dans lesquelles son épouse, qui souffrait entre autres d’Alzheimer et de démence, devait vivre au CHSLD Émilie-Gamelin.  Attachée à son lit ou à sa chaise en tout temps, Mme Lizotte aurait notamment développée des plaies. Les préposées, selon lui, ne la faisaient plus marcher et omettaient parfois de changer sa couche, faute de temps.

L’accusé, parfois en larmes, a témoigné avoir «craqué» le 20 février 2016 après s’être rendu au centre d’hébergement pour prendre soin de sa femme.
Celle-ci aurait été mal en point, par manque de soin. Mme Lizotte n’avait pas l’appuie-tête normalement installé sur sa chaise gériatrique.

Mis en «colère» par la douleur que devait vivre son épouse, l’accusé aurait décidé de la coucher et de lui placer un oreiller sur le visage. Elle ne se serait pas débattue.
«J’avais l’impression qu’elle savait ce qu’il se passait», a-t-il avancé.

Entre contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Antonio Parapuf, lui a suggéré qu’il a voulu qu’elle arrête de vivre; il l’a corrigé en répondant qu’il voulait qu’elle «arrête de souffrir» et qu’elle puisse mourir «dans la dignité.»

Dans un sanglot retenu, Michel Cadotte a reconnu que son témoignage était particulièrement difficile aujourd’hui, le 15 juin, date de l’anniversaire de sa femme.

Mandat d’inaptitude

En 2016, l’accusé avait fait une demande d’accès à l’aide médicale à mourir au nom de sa femme. Il a notamment évoqué que cette dernière avait signé un mandat d’inaptitude il y a vingt ans, à l’époque où elle n’était pas encore atteinte d’Alzheimer.

La demande avait été rejetée entre autres parce que Mme Cadotte n’était pas mourante.

S’il est remis en liberté en attente de son procès, Michel Cadotte ira vivre chez sa sœur, qui a aussi offert une caution de 10 000$.

La Couronne s’objecte à sa remise en liberté sous prétexte que ça minerait la confiance du public envers la justice, même si l’accusé ne présente pas de danger pour la société. «Ce geste va à l’encontre des valeurs de la Charte canadienne des droits et libertés; ça va à l’encontre de la loi sur l’aide médicale à mourir», a plaidé Me Parapuf.

Le juge Michel Pennou rendra sa décision le 7 juillet.

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