Le Guide de Montréal-Nord Marie-Ève Lemire, membre du comité logement de Montréal-Nord, et Émilie. E Joly, membre du FRAPRU, sont venues présenter les dernières données relatives au logement dans l'arrondissement.

Quatre locataires nord-montréalais sur 10 consacrent plus du tiers de leurs revenus pour se loger, selon les chiffres dévoilés par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Comité logement de Montréal-Nord (CLMN).

Dans ce «Dossier noir logement et pauvreté au Québec», les deux organismes révèlent les données d’une étude menée à partir du recensement de 2016.

«En partant de cette base, nous avons demandé des chiffres supplémentaires auprès de Statistiques Canada, afin d’obtenir les détails spécifiques pour Montréal-Nord, explique Émilie. E Joly, organisatrice communautaire pour le FRAPRU.

Et le portrait dressé semble inquiétant, notamment concernant la situation des locataires, qui représentent 71% des ménages de l’arrondissement.

«En plus d’être parmi les locataires les plus pauvres de Montréal, près de 40% d’entre eux consacrent 30% et plus de leur revenus dans leur loyer, souligne Mme Joly. Cela a un impact direct sur leur capacité à assurer leurs autres besoins essentiels tels que l’alimentation, les vêtements, le transport et les médicaments.»

La situation est particulièrement vraie pour les femmes, les ainés, les personnes seules et les jeunes. À noter que 1185 ménages de Montréal-Nord se trouvent dans une situation de grande précarité, en consacrant plus de 80% de leur revenu dans leur loyer.

Le logement social comme solution?
Parmi les revendications du FRAPRU et du CLMN, amener 1500 logements sociaux supplémentaires dans l’arrondissement, afin de réduire les listes d’attentes actuelles.

«La part de logements sociaux à Montréal-Nord est inférieure que celle du reste de l’île, explique Marie-Ève Lemire, organisatrice communautaire pour le comité logement. Il n’est pas normal qu’il y ait plus de condos que de logements accessibles.»

Même son de cloche chez Émilie E Joly, qui explique en outre que le logement social peut avoir un retour sur investissement bénéfique:

«Il existe une étude de la Société d’habitation du Québec qui démontre l’impact positif du logement social sur la consommation et le pouvoir d’achat, soutient l’organisatrice communautaire. Cela coule de source: si la personne ne consacre plus que 25% de son budget dans son logement, elle peut dépenser dans autre chose!»

De son côté, l’arrondissement promet que des choses sont faites en ce sens.

«Il y a plusieurs bonnes nouvelles qui arrivent, notamment le projet de 96 nouveaux logements sociaux au coin de l’avenue Hébert et du boulevard Industriel», affirme la mairesse Christine Black.

Vers une amélioration?
Entre 2011 et 2016, les revenus annuels des locataires de Montréal-Nord ont augmenté, passant de 29 675$ à 36 151$.

«Ils restent malgré tout parmi les plus pauvres de Montréal, souligne Émilie E Joly. Même si la situation s’est améliorée, ce n’est pas pour autant que ça va bien.

L’insalubrité, une problématique supplémentaire
Montréal-Nord reçoit en moyenne 250 plaintes par année pour des logements insalubres, concernant des problèmes liés aux punaises, coquerelles ou infiltrations d’eau. Pour remédier à cette situation, l’arrondissement promettait au début de l’année 2017 qu’une grande vague d’inspection serait menée dans les habitations concernées.

«Nous avons une entente avec la ville-centre pour inspecter 150 logements, explique Christine Black. Nous continuons de mener ces inspections, mais c’est un long travail.»

Pour Marie-Ève Lemire, l’arrondissement manque de transparence dans ce dossier.

«Peu de chiffres et bilans sont sortis  de ces opérations, souligne-t-elle. De toute façon, 150 appartements et maisons inspectés, ce n’est vraiment pas suffisant.»

L’organisatrice communautaire reconnait néanmoins que des efforts sont faits de la part des élus pour aider à combattre l’insalubrité à Montréal-Nord. 250 000$ sont en effet prévus dans le budget de l’arrondissement, pour effectuer les travaux de salubrité nécessaires, dans le cas où des propriétaires  récalcitrants refuseraient de les faire.

«Nous n’avons pas encore utilisé ces fonds, précise la mairesse. Cette mesure a plus une valeur incitative. Si le propriétaire refuse de faire les travaux, nous les faisons à leur place et nous le mettons sur leur compte de charges par la suite.»

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