FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA (51 Ajoutée à l'hôtel de Ville au cours des années 1930, la tour à boyaux de Sainte-Anne-de-Bellevue doit être démolie dès mercredi.

Coup de théâtre à Sainte-Anne-de-Bellevue. Un organisme sans but lucratif qui fournit des services aux anciens combattants offre à la Ville de contribuer financièrement à la réparation de la tour à boyaux, dont la destruction doit pourtant commencer mercredi.

Au moment d’écrire ces lignes, on ignorait toujours ce qui allait se produire dans ce dossier même si les quatre conseillers municipaux ayant voté en faveur de la démolition cet automne ont pris position contre la proposition financière de dernière minute.

Encouragé par la qualité des services offerts aux anciens combattants par la municipalité au cours des années, le président de la Canadian Shield Military and Veterans Student Services (MVSS), Terrence Shaw, propose 10 000$ en plus de s’engager à amasser des fonds pour aider à couvrir toute dépense supplémentaire liée à l’entretien futur de la structure.

«Nous sommes en partenariat avec l’une des principales firmes de restauration historique au Canada qui est disposée à évaluer les réparations à faire et serait prête à les effectuer pour un prix très près du coût des dépenses. Nous croyons que ça pourrait être fait pour moins que le coût de la démolition», a indiqué M. Shaw dans un courriel envoyé vendredi au conseil.

Insuffisant
Les conseillers Francis Juneau, Daniel Boyer, Yvan Labelle et Michel Boudreault avaient voté en faveur de la démolition de la tour plus tôt cet automne. M. Juneau, a jugé, dans une lettre envoyée à TC Media et depuis contresignée par Boyer, Labelle et Boudreault, qu’il serait impensable de revenir sur la décision.

«Nous avons une entente officielle avec le contracteur et la résilier maintenant nous exposerait fort probablement à des pénalités voire même une poursuite, suggère-t-il. De plus, ces travaux, peu importe l’option choisie, doivent être entrepris avant l’hiver puisque dans le cas contraire, la tour représenterait un réel danger».

Plus tôt cette année, M. Juneau avait indiqué que la structure était dans un tel état de détérioration qu’elle ne passerait pas l’hiver sans travaux de restauration urgents d’une valeur de 30 725 $.

Il est d’avis qu’aller en appel d’offre sans aucune certitude quant au prix repousserait les travaux de plusieurs semaines voire plusieurs mois.

«Des gens travaillent quotidiennement à proximité de cette structure et je ne souhaite pas prendre de risques supplémentaires», commente-t-il.

La mairesse Paola Hawa, qui avait lancé une campagne de levée de fonds afin d’amasser des fonds pour sauver la tour à boyaux, voit d’un bon œil la proposition de M. Shaw.

«Chapeau à ce groupe. Ça démontre à quel point les gens tiennent à la tour à boyaux. C’est incroyable. J’ai été complètement surprise de leurs efforts», fait-elle valoir.

Ex-militaire
En entrevue à TC Media, M. Shaw, qui est un ex-militaire, a refusé d’identifier la firme avec laquelle il a tenu des pourparlers. Il a toutefois indiqué que les 10 000 $ offerts proviennent d’un montant reçu du ministère des Anciens combattants à la suite d’une blessure de guerre.

«C’est vraiment important pour moi de faire quelque chose, mentionne-t-il. Bien sûr, l’argent m’a été remis pour m’aider personnellement, mais je me sentirais bien de pouvoir faire un don pour sauver cette structure historique. Ça va vraiment dans le sens de ce qu’on essaie de faire avec MVSS».

Vendredi, ce dernier a requis des documents qui lui permettront de fournir à la Ville un estimé de coûts de réparation. Le MVSS estime pouvoir fournir un prix en deçà du coût de démolition fixé à 108 651$ dans les sept jours ouvrables.

«Je suis convaincu qu’un investissement de 10 000 $ combiné à un coût de restauration considérablement réduit peut permettre de sauver la tour à boyaux et empêcher une tragédie historique irréversible», souligne M. Shaw.

De son côté, M. Juneau a mentionné vendredi que la municipalité ne dispose pas de plans et devis à fournir pour des travaux de restauration puisque cette option a été rejetée par le conseil.

Débat
Le calcul des coûts de réparations à effectuer donne lieu à un débat entre élus. M. Juneau estime qu’il en coûterait 161 224 $ (taxes incluses) afin de restaurer la structure sur une période de dix ans, 52 573 $ de plus que le prix de démolition.

La mairesse rétorque qu’il faut tenir compte de l’engagement de MVSS de contribuer un montant de 10 000 $ et de défrayer les coûts de maintenance étalés sur une décennie. Ces derniers étant évalués à 19 500 $, la dépense totale de la Ville afin de restaurer la tour à boyaux se chiffrerait à  $ 127 306, taxes incluses, soit 18 655 $ de plus que le prix payé pour la démolition.

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