Gracieuseté La Dre Cara Tannenbaum veut que les Québécois soient mieux informés sur les effets néfastes des médicaments.

Préoccupée par la surconsommation de médicaments au Québec, la Dre Cara Tannenbaum de l’Université de Montréal souhaite sensibiliser les Québécois à la «déprescription», en questionnant davantage leur médecin ou leur pharmacien pour savoir si un médicament est toujours approprié ou non.

Pendant ses années de service à l’urgence, la professeure à la Faculté de médecine de l’UdeM a traité plusieurs personnes âgées pour des fractures à la hanche causées par une chute.

Souvent l’élément déclencheur de cet incident était relié directement à la prise de somnifères. Le médicament endort le cerveau et affecte l’équilibre, augmentant ainsi le risque de chute.

«Les patients me disaient: ‘Je n’en avais aucune idée. Si j’avais su, j’aurais peut-être déprescrit ou cessé la prise de mon somnifère’», raconte la clinicienne à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Cinq médicaments et plus
Le manque de connaissances sur les effets néfastes de certaines «pilules» a incité la docteure à faire de la prévention chez les aînés. Elle s’implique au sein du Réseau canadien pour la déprescription (ReCaD).

Selon ce regroupement de professionnels et chercheurs, 66% des Canadiens âgés de 65 ans et plus avalent au moins cinq médicaments d’ordonnance différents par jour. Le quart des aînés au pays prennent au moins dix médicaments.

«Avec l’âge, on accumule beaucoup de problèmes chroniques. On a aussi tendance à accumuler beaucoup de médicaments. Parfois, c’est nécessaire. Mais certains ne sont pas importants», indique-t-elle.

Selon la ReCaD, «certains médicaments peuventdevenir inutiles, voire nuisibles, à cause d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses.»

En avez-vous toujours besoin?
Le but derrière la «déprescription» n’est pas d’arrêter toute prise de médicaments, mais de réduire leur consommation après avoir questionné son médecin sur l’utilité d’une pilule.

«En avez-vous toujours besoin? C’est le message que j’aimerais faire circuler à grande échelle. Poser la question à votre médecin», soutient-elle.

Elle propose aussi de regarder si d’autres approches non pharmaceutiques pourraient remplacer un médicament pour remédier à un problème. Parfois, il suffit de changer ses habitudes de vie.

Dre Tannenbaum incite sur l’importance de prendre ces décisions en collaboration avec un professionnel de la santé.

Dossier électronique
Le Collège des médecins du Québec reconnaît qu’il y a une importante consommation de médicaments dans la province. L’arrivée des dossiers médicaux électroniques auxquels auront accès les médecins et les pharmaciens pourra permettre de «déprescrire» ou «faire le ménage» dans les ordonnances des personnes âgées, estime le président-directeur général du Collège, Dr Charles Bernard.

«Ça va être plus facile d’intervenir auprès des patients surtout s’ils ont une longue liste de médicaments», fait valoir Dr Bernard, qui invite les patients à questionner leurs médecins.

Selon le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc, la «déprescription» passe aussi par une révision de la rémunération des pharmaciens. Leur paie devrait considérer la révision des ordonnances et non seulement sur le nombre de pilules distribuées.

«S’il y avait des honoraires pour en enlever des médicaments, le pharmacien le ferait peut-être de façon beaucoup plus optimale», soutient M. Bolduc.

Les questions à poser à votre médecin ou pharmacien

Quels sont les bénéfices?

  • Quels sont les risques, surtout à mon âge?
  • Est-ce que je peux diminuer les doses? Si oui, quand est-ce qu’on fera le suivi?
  • Est-ce qu’il y a d’autres approches que je peux prendre?

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