Getty Images/iStockphoto Les crimes contre la personne constituaient plus de la moitié des actes criminels impliquant un mineur à RDP-PAT entre 2014 et 2016.

Les secteurs ouest de Rivière-des-Prairies et de Pointe-aux-Trembles affichent une «concentration» de facteurs de risque liés à la délinquance juvénile, montre une analyse réalisée pour le compte de l’arrondissement et dont TC Media a obtenu copie grâce à une demande d’accès à l’information.

Les facteurs de risque incluent le taux de décrochage scolaire des deux secteurs, le manque d’espace de socialisation, le taux d’enfants considérés vulnérables et la défavorisation, mentionne le Diagnostic local de sécurité sur la délinquance jeunesse dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.


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Ils englobent aussi des «problèmes criants» chez les 0 à 5 ans, «notamment en matière d’habilités de communication et de connaissances générales, de santé physique et de bien-être, mais aussi, dans une moindre mesure, de développement cognitif et langagier, de maturité affective et de compétences sociales.»

«De nombreux facteurs de risque, liés à l’individu, peuvent favoriser la prévalence de la délinquance plus tard dans la jeunesse», explique le document préparé par le Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC).

Hausse «préoccupante»
Daté de mai dernier, le diagnostic faisait suite à ce que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) appelait une hausse «préoccupante» de la délinquance juvénile dans Rivière-des-Prairies.

Selon des données du SPVM, la criminalité dans le secteur a augmenté d’environ 10% entre 2015 et 2016. Plus de la moitié des délits et infractions enregistrées étaient des crimes contre la personne. Ce type de crime a augmenté de 33% durant cette période.

En mars dernier, l’arrondissement a octroyé 10 000$ au CIPC afin qu’il brosse un portrait et soutienne l’élaboration d’un plan d’action.

Le CIPC a mené son diagnostic en utilisant des données du réseau de la santé, du SPVM et de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, les travaux de tables de développement social et de concertation jeunesse, ainsi que les résultats de groupes de discussions.

Nuance
Le CIPC n’a pas identifié où exactement les délits impliquant des mineurs ont été enregistrés entre 2014 et 2016. Les données fournies par la police n’étaient pas géoréférencée, explique-t-il.

Toutefois, à partir des données de santé publique, de la commission scolaire, de tables de concertation et autres, le centre a relevé un nombre particulièrement élevé de facteurs de risque de délinquance juvénile dans les portions ouest de Rivière-des-Prairies et de Pointe-aux-Trembles.

Dans sa conclusion, le CIPC appelle les autorités et les organismes du milieu à ne pas se «centrer exclusivement sur ces milieux», mais à leur trouver des actions «spécifiques».


19 recommandations
Le diagnostic du CIPC formule 19 recommandations, dont celle d’augmenter la présence d’animateurs, de travailleurs de milieu et de travailleurs de rue dans les deux quartiers de l’arrondissement.

Il recommande également de donner une plus grande place à la police communautaire et cite en exemple le projet «Pop Glacé». Depuis 2015, ce projet du poste de quartier 45 distribue des «Mr Freeze» aux jeunes de Rivière-des-Prairies.

L’organisation recommande aussi d’offrir plus de services de soutien à la parentalité, d’augmenter les services spécialisés en CPE et de «favoriser le développement, l’agrandissement ou le financement» d’établissements comme les maisons de jeunes, les centres pour jeunes et les centres communautaires pour jeunes.

Le plan d’action n’est pas terminé, mais au terme d’«activités de résolution de problèmes» dans Pointe-aux-Trembles, l’arrondissement a débloqué 75 000$ le mois dernier pour l’embauche de deux travailleurs de rue appelés à patrouiller dans le secteur dès l’an prochain.


Enjeux à Rivière-des-Prairies

  • Taux d’enfants de 0-5 ans considérés comme vulnérables à RDP-Ouest
  • Indice de défavorisation matérielle (concentrations modérée et importante dans l’ouest
  • Taux de décrochage et de personnes sans diplôme (18% en 2011, plus de 32% dans l’ouest)
  • Violences interpersonnelles
  • Volume de la délinquance jeunesse
  • Manque d’espace de socialisation
  • Manque d’espace à l’école Jean-Grou
  • Sentiment d’insécurité vis-à-vis des rassemblements et du flânage dans les espaces publics
  • Craintes exprimées par certains jeunes envers le service de police
  • Manque d’infrastructures de transports en commun
  • Approches institutionnelles et parfois communautaires mal adaptées aux réalités culturelles locales

Enjeux à Pointe-aux-Trembles

  • Taux d’enfants de 0-5 ans considérés comme vulnérables à PAT-Ouest
  • Les taux de négligence et de maltraitance parentale (Pointe-aux-Trembles se situait au 3e rang à Montréal et Rivière-des-Prairies, au 10e)
  • Comportements sexuels précoces
  • Violences interpersonnelles
  • Taux de décrochage et de personnes sans diplôme (19% en 2011, plus de 32% dans l’ouest)
  • Indice de défavorisation matérielle et sociale
  • Insécurité dans les transports en commun
  • Sentiment d’insécurité vis-à-vis des rassemblements et du flânage dans les parcs publics
  • Manque de présence policière à pied ou à vélo dans les parcs
  • Changements démographiques (immigration relativement récente et migration en provenance de Hochelaga-Maisonneuve)

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