Johanna Pellus/TC Media Certaines entreprises de fabrication alimentaire situées sur Henri-Bourrassa ou Thimens, comme Rose Hill Foods, sont inquiètes des conséquences que l'odeur du centre de compostage pourrait avoir sur leurs productions.

Inquiets des impacts que le futur centre de compostage de Saint-Laurent, les gestionnaires des entreprises alimentaires voisines souhaitent que la Ville révise le projet. Plusieurs s’y opposent, malgré que les consultations publiques soient terminées depuis plusieurs années.

Une quinzaine de compagnies situées autour du site du boulevard Henri-Bourassa Ouest, près de l’autoroute 13, craignent notamment les odeurs et la hausse du trafic que pourra engendrer cette nouvelle infrastructure, prévue pour 2020.

«Ce n’est pas seulement l’odeur qui émanera du centre qui pourrait être problématique, mais aussi celles de camions», souligne Apostolos Kafentzis, coordonnateur de projets chez Rose Hill Foods, qui fait des soupes, sauces et assaisonnements.

Agissant à titre de porte-parole pour les industriels du secteur, M. Kafentzis craint des conséquences lors des présentations de leurs produits aux clients, dans leurs cuisines. «En raison de la proximité entre le Centre de traitement des matières organiques (CTMO) et les usines alimentaires, il y a aussi un risque élevé de contamination croisée», spécifie-t-il.

Selon une analyse de Rose Hill Foods, le compostage pourrait entraîner l’émission de composés organiques volatils (COV) comme des acides, ainsi que de bioaérosols qui contiennent notamment des bactéries. S’ils se retrouvaient dans les produits alimentaires, cela représenterait un risque élevé pour la santé.

«Nous pourrions aussi perdre notre certification SQF de qualité et sûreté des aliments», précise M. Kafentzis.

Bâtiment fermé
La Ville a prévu un bâtiment fermé sous pression négative. Ce qui sera évacué par la cheminée d’une vingtaine de mètres de haut sera préalablement filtré.

«Comme les opérations sont à l’intérieur, en plus des critères sévères imposés par la Ville, ce centre de traitement ne générera pas un problème d’odeur», affirme la porte-parole de la Ville de Montréal, Gabrielle Fontaine-Giroux.

Plusieurs mesures ont déjà été proposées afin de limiter les odeurs, comme six changements d’air par heure et le lavage des roues des camions, selon une étude présentée au Comité de suivi.

«Des bonifications pourraient être incluses dans l’appel d’offres pour prendre en considération les préoccupations des industriels», précise le conseiller de Ville du district de Côte-de-Liesse, Francesco Miele, qui siège au comité.

Mélangées aux résidus verts, les matières compostables ne devraient toutefois pas sentir autant que des vidanges. Des assemblées publiques prévues l’an prochain devraient être en mesure de donner plus amples informations pour rassurer les gens d’affaires inquiets.

Avec l’autre groupe Les citoyens Saraguay-Cartierville contre l’usine de compostage Saint-Laurent, ils ont uni leurs voix pour également dénoncer d’autres problématiques potentielles et faire pression pour apporter des modifications.

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Centre de compostage de Saint-Laurent

  • 9091-9191, boulevard Henri-Bourassa Ouest
  • Bâtiment fermé
  • Traitement de 39 000 tonnes/an de résidus mixtes (verts et alimentaires) et de 11 000 tonnes/an de pré-compost sortant des centres de biométhanisation
  • Production de 28 000 tonnes/an de compost
  • Capacité maximale de 50 000 tonnes/an

Les infrastructures de traitement des matières organiques à Montréal

  • Centre de compostage, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles
  • Centre de biométhanisation et Centre pilote de prétraitement des ordures ménagères, Montréal-Est
  • Centre de biométhanisation, LaSalle
  • Centre de compostage, Saint-Laurent
  • Plateforme de compostage, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

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