Audrey Gauthier/TC Media Les membres du conseil d'administration de la nouvelle coopérative de solidarité les Voisins de Viau-Robert.

Alors que la coopérative de solidarité les Voisins de Viau-Robert vient d’être lancé, un dilemme se dresse déjà sur son chemin. La demande pour des appartements avec Supplément au loyer est près de deux fois plus forte que l’offre actuellement envisagée.

Plus de 90 % des locataires intéressés par la coopérative de solidarité les Voisins de Viau-Robert, qui sera construite sur le site du Domaine Renaissance, ont un revenu si faible qu’ils sont éligibles au Supplément au loyer. Or, seulement 50 % y auraient droit.

En effet, la moitié des 195 logements sociaux à venir à l’angle des boulevards Viau et Robert seront inscrits au programme Supplément au loyer, qui permet à des ménages de payer 25 % de leurs revenus pour se loger. Toutefois, 191 des 201 formulaires d’intérêt remplis par les locataires sont admissibles au programme géré par la Société d’habitation du Québec.

«Nous ne voulons pas d’un projet immobilier qui va déloger les gens en raison de leurs moyens. Nous voulons que les locataires actuels puissent y rester», indique Édith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier, collaborateur au projet.

De plus, si certains acceptaient de se serrer la ceinture pour y déménager, la majorité ne pourrait y résider sans cette aide financière.

«Je suis en ce moment aux études. Sans ce programme, comment y arriverais-je», s’interroge Aliona Tolico, une résidente du Domaine Renaissance.

«Si nous n’avons pas davantage de Supplément au loyer, il sera difficile ou impossible pour la majorité de déménager dans la future coopérative, lance Ginette Goabin, présidente du conseil d’administration de la coopérative et résidente au Domaine Renaissance depuis quatre ans. Les gens seraient alors laissés à eux-mêmes.»

Mode solution
Les membres du conseil d’administration de la coopérative sont motivés d’augmenter le taux de Supplément au loyer.

«La coopérative est une belle histoire qui aboutira, mais ce n’est pas encore gagné. La construction n’est qu’une demi-victoire. Il faut aller chercher le maximum. On nous a laissé entendre qu’on pourrait atteindre 60 %, mais les besoins sont plus importants», souligne Mme Goabin.

Du côté de Bâtir son quartier, organisme qui chapeaute le projet de coopérative, on envisage plusieurs solutions pour résoudre ce dilemme, mais il n’y a encore rien de concret.

«C’est un défi à relever. Il faut trouver des solutions structurantes et pérennes qu’on aurait qu’à gérer. Il est encore trop tôt pour définir nos pistes, mais tout le monde est en mode solution», affirme Charles Guindon, agent de développement pour Bâtir son quartier.

Voulant multiplier ses chances, le conseil d’administration a demandé l’aide des élus municipaux et provincial pour tenter de faire entendre sa voix.

«Depuis 2009, nous avons investi 1,5 M$ dans le Domaine Renaissance et la RUI Viau-Robert. Nous allons continuer de travailler pour la réalisation du projet. Nous allons faire des représentations auprès de la Ville de Montréal et Russell Copeman, le responsable de l’habitation au comité exécutif, pour les sensibiliser», déclare le maire de Saint-Léonard, Michel Bissonnet.

«Nous avons déjà fait des représentations auprès du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. Nous défendons le dossier et nous allons continuer de le faire», fait valoir Nancy Martucci, conseillère politique de la députée de Jeanne-Mance–Viger, Filomena Rotiroti.

La coopérative d’habitation fait partie de la première phase du projet immobilier du Groupe Mach, qui revitalisera le Domaine Renaissance avec, entre autres, la construction de 700 unités d’habitation, dont des logements sociaux. Le projet devrait se construire sur cinq à dix ans. Si le processus administratif et de demandes de permis suit son cours sans opposition, le premier coup de pelle pourrait se réaliser au cours des deux prochaines années.

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