TEMUCO, Chili — Le pape François a dénoncé mercredi le recours à la violence à des fins politiques, quand il a visité une région du Chili qui se trouve au coeur de conflits avec les autochtones depuis des siècles.

L’incendie criminel de plusieurs églises dans la région est attribué à des militants Mapuche radicaux qui veulent se faire entendre.

Quelques heures après qu’une autre église et trois hélicoptères eurent été détruits par le feu, le pape a célébré une messe sur le site d’une ancienne base militaire qui se trouve non seulement sur des terres réclamées par les Mapuche, mais qui a aussi servi de prison à l’époque de la dictature militaire.

Priant en silence avec quelque 150 000 personnes, le pape a déclaré que les champs verdoyants et les sommets enneigés du sud de l’Araucania sont aussi bien bénis par Dieu que maudits par les hommes puisqu’ils ont été le théâtre de «graves violations des droits de la personne» pendant la dictature de 1973-1990.

Il a consacré la messe à ceux qui ont souffert et qui sont morts, «et à ceux qui portent chaque jour le fardeau de ces injustices».

Le pape a aussi évoqué les plus récentes violences dans l’Araucania, le centre des terres Mapuche et une des régions les plus pauvres du Chili. Les 11 attaques qui ont endommagé, et parfois détruit, les églises n’ont pas été revendiquées. La destruction des trois hélicoptères dans l’Araucania et une région voisine au cours des dernières heures ne l’a pas été non plus.

Le procureur Enrique Vasquez a révélé à la presse locale, mercredi, que la police a trouvé des pamphlets réclamant la libération de prisonniers Mapuche sur le site d’une église et des hélicoptères incendiés.

Le pape d’origine argentine ne s’est pas gêné pour apostropher ceux qui utilisent la violence.

«On ne peut pas s’affirmer en détruisant les autres, puisque cela mène seulement à encore plus de violence et de division, a-t-il dit lors de son homélie. La violence engendre la violence, la destruction augmente la fragmentation et la séparation. La violence transforme éventuellement en mensonge la cause la plus juste.»

Il a aussi demandé au gouvernement de ne pas seulement négocier des ententes «élégantes» avec les autochtones, mais d’aussi les mettre en vigueur.

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