André Desroches / TC Media

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi que, afin de contrer l’épidémie d’obésité qui frappe les petits Anglais, il taxera les producteurs de boissons sucrées à compter de 2018. Toutes les boissons contenant plus de 5 g sucre par 100 ml, à l’exception des jus de fruit purs et des boissons à base de lait, seront soumises à cette taxe dont les sommes serviront en partie à promouvoir le sport dans les écoles primaires et secondaires du pays.

La France et le Mexique, ainsi que la ville de Berkeley en Californie, se sont doté d’une taxe sur les boissons sucrées.

Ici au Québec, la Coalition Poids milite depuis longtemps pour que les boissons sucrées soient taxées. Même l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suggéré d’imposer une telle taxe. Pourquoi viser spécifiquement les boissons sucrées?

«Dans ces boissons, on peut en mettre des quantités astronomiques de sucre parce que c’est liquide, explique la nutritionniste Catherine Lefebvre, qui vient de publier le livre Sucre, vérités et conséquences. Si on prenait l’équivalent de sucre à la cuillère, on aurait sans doute mal au coeur bien rapidement. C’est ça qui est dangereux.»

Le conseil numéro un  de Catherine Lefebvre est donc d’arrêter de boire des boissons sucrées. Carrément. «La façon la plus efficace de couper de façon significative notre apport en sucre libre est de couper les boissons sucrés (jus, boissons gazeuses, eaux aromatisées, boissons pour sportifs, lait aromatisés, etc.). Ce sont des boissons qui n’apportent absolument rien. C’est là qu’on retrouve la plus grande concentration de sucres libres. Il existe des fruits, des laits natures pour remplacer les jus de fruits et les laits aromatisés. L’impact pour la santé sera énorme et ça va aussi diminuer notre envie, nos rages de sucre.»

«La vitesse à laquelle un sucre nous rentre dans le corps c’est extrêmement important au point de vue du métabolisme et des effets néfastes qui s’en suivent. Si on reçoit un coup de poing en plein visage une fois, ça va, mais si on reçoit des coups de poing à répétition c’est inévitable qu’il y aura des dommages. Quand on boit trop d’alcool, on le sent. Mais quand on consomme trop de sucre, on ne le sent pas. Ça prend des années avant de le sentir. C’est hyper sournois les effets secondaires liés à la consommation de sucre.» –Catherine Lefebvre

L’OMS recommande de ne pas consommer plus de 50 grammes de sucres libres par jour [sucre libre = sucre ajouté + sucre dans le jus de fruits], l’équivalent de 12 ½ cuillère à thé ou 10% de notre apport total en énergie. Depuis 2014, l’OMS suggère même qu’il serait encore meilleur de réduire la quantité à 25 grammes par jour. Or, il s’avère que nous en consommons souvent beaucoup plus, et beaucoup sous forme liquide.

Seulement en buvant un verre de 250 ml de jus d’orange, grand classique du petit-déjeuner, on ingère l’équivalent de 7 1/2 cuillères à thé de sucre, ce qui est plus que dans une boisson gazeuse dans lequel on a 6 cuillères à thé de sucre! Et n’allez pas croire que c’est meilleur parce que c’est du jus d’orange; la nutritionniste est catégorique, du sucre c’est du sucre.

Là où le bât blesse, c’est au niveau des fibres. «Il n’y a pas de fibres dans le jus, dit Catherine Lefebvre. Les fibres ralentissent l’absorption du sucre, qui arrive donc moins rapidement dans le système. Il y a plus de fruits dans du concentré ou du jus de fruits, donc on ingérera une plus grande quantité de sucre, liquide, en très peu de temps.»

Lire aussi l’entrevue de Métro avec Catherine Lefebvre à propos de son livre Sucre, vérités et conséquences

Pour aller plus loin

À voir

  • Le documentaire Sugar Coated (La vérité sur le sucre), de Michèle Hozer
  • Le documentaire Fed Up, de Stephanie Soechtig

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