Statistique Canada vient de publier une étude qui montre que les diplômés universitaires surscolarisés ont souvent de pauvres compétences en lecture et en arithmétique.

Les auteurs de cette étude sont parvenus à ces résultats surprenants en analysant les données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA). Cette enquête de l’OCDE a évalué les compétences de base en lecture et en arithmétique des adultes de 24 pays et régions du monde, dont le Canada.

Dans le cadre de cette étude, les répondants canadiens de 25 à 64 ans titulaires d’un diplôme universitaire ont dû évaluer si leurs tâches pouvaient être accomplies par un diplômé du secondaire ou une personne sans diplôme. Environ 12 % d’entre eux ont déclaré que c’était le cas, et l’étude a porté surtout sur ce groupe par la suite.

Par ailleurs, 19 % des répondants ont déclaré que leur emploi pouvait être occupé par un diplômé du collégial, alors que 69 % d’entre eux ont jugé que leur emploi exigeait bel et bien un diplôme universitaire. Ainsi, 31 % des répondants possèdent un diplôme supérieur à ce qui est normalement exigé par leur emploi, soit environ un sur trois, un résultat similaire à celui d’autres études.

Trop faibles
Les compétences de base des 12 % de diplômés universitaires qui occupent un emploi exigeant peu de qualifications ont ensuite été évaluées. Or, 47 % d’entre eux ne possédaient qu’un niveau faible de compétences en lecture, et 54 %, un niveau faible en arithmétique. Selon la classification élaborée par l’OCDE, leurs niveaux de compétences variaient de 0 à 2, l’organisme considérant que le niveau 3 est nécessaire pour fonctionner dans une économie avancée.

En pratique, cela signifie que ces répondants éprouvent de la difficulté à formuler, après la lecture d’un court texte, la réponse à une question directe, ou encore qu’ils n’arrivent pas à compléter sans erreur des opérations arithmétiques de base dans un contexte qui leur est pourtant familier. Des aptitudes normalement acquises à l’école primaire!

En comparaison, les compétences de niveau 3 incluent la compréhension et l’interprétation de textes longs et complexes, de même que la résolution de problèmes à l’aide d’information chiffrée.
Cela démontre ce que j’ai déjà suggéré dans une autre chronique : un nombre important de diplômés universitaires qui occupent des emplois ne requérant pas un diplôme universitaire ne sont pas surqualifiés : ils sont simplement surscolarisés (voir «Surqualifiés ou surscolarisés?», publiée en septembre 2014).

Ils ont passé des années à l’école sans acquérir les compétences de base dont ils avaient besoin et occupent donc aujourd’hui des emplois peu qualifiés qui correspondent bien à leur manque de qualifications.

Cela dit, ce ne sont pas tous les diplômés universitaires qui manquent de compétences en lecture et en arithmétique! Il demeure que 31 % d’entre eux n’occupent pas un emploi qui correspond à leur diplôme, comme je le mentionnais plus haut. Il y a donc d’autres causes, par exemple le fait que le marché du travail ne peut pas tous les accueillir.

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