Dévoilés mercredi dernier, les résultats d’un sondage de la firme Mainstreet mené pour The Gazette confirment simultanément l’appréhension des uns et le souhait des autres.

Faits principaux : Québec solidaire ajoute quatre points à sa besace afin d’atteindre 18%, un sommet historique. La CAQ, grande gagnante des sondages de mai, perd cinq points et retrouve la seconde place, avec 27%. Pour leur part, les libéraux recouvrent la position de tête avec 33% des intentions de vote, alors que le Parti québécois, perdant deux points, se retrouve à 22%, son plus faible score de l’année.

Que retenir de tout ceci? Plusieurs choses.

D’abord, que les récentes mesures sociales et investissements du PLQ semblent porter fruit. Ajoutons à ceci un taux de chômage à 6%, un record, et on peut aisément prédire que le gouvernement Couillard se retrouve, à quelques 16 mois des élections, sérieusement en selle. Surtout si, avantage gouvernemental marqué, la distributions des subventions et autres se poursuit de plus belle d’ici là.

Ensuite, et que la CAQ appert s’être confortablement installé dans le siège de la prochaine opposition officielle, voire dans celui de la seule alternative sérieuse au Parti libéral. Faut dire que la formation de François Legault mise sur trois qualités appréciées de l’électorat : constance, cohérence et concision. Fédéraliste, identitaire autoproclamé et pro-économie, essentiellement. Fin de l’éparpillement à tout crin, à vouloir être de tous les enjeux possibles et impossibles. Ce qui ce conçoit bien s’énonce clairement, veut le dicton. Mise à part ses positions fédéralistes, à être davantage définies, disons que que la CAQ tire actuellement son épingle du jeu du fait des qualités ci-haut mentionnées. Et à force de marteler les mêmes messages, particulièrement celui de l’importance de l’économie et d’une saine gestion des finances publiques, on en vient à faire mouche. Parce que l’électorat vous pardonnera maintes décisions si celles-ci sont entreprises au nom de la conviction. Le problème de la CAQ, alors? Que les libéraux martèlent non seulement un message simililaire, mais ont manifestement réussi à se positionner, par les faits, comme champion de l’économie. Trois budgets consécutifs sans déficit à l’appui, ils seront, à cet égard, bien difficiles à dégommer.

Et le Parti québécois, dans tout ça? Prenez la recette du succès de la CAQ, appliquez le contraire, et vous aurez votre réponse. Brouillon et virevolteur comme pas un, le chef Lisée a réussi, en très peu de temps, à couler sa formation dans les méandres de l’incertitude. Indépendantiste, le PQ? Pas dans un premier mandat-et malgré son article premier. Identitaire? Dépend des jours? Pro-environnement? La semaine dernière, oui. Contre le racisme systémique? Oui, mais seulement les mardis et jeudis. En bref, à force de stratégies bon marché adoptées au gré du vent soufflant, la formation de René Lévesque régresse invariablement et sans surprise. Redressement à prévoir? Pas sûr. Surtout si l’on considère la récente percée de Québec solidaire.

18%, disions-nous. Énorme? En un sens, oui. Surtout après un refus de convergence qui aurait pu indisposer, surtout après la cabale de Lisée et les insinuations de Politburo et autres histoires à dormir debout. Impact zéro, manifestement. En fait, plutôt le contraire, probablement. À force de s’obséder avec Gabriel et Manon, le chef péquiste aura réussi à leur accorder une visibilité médiatique hors norme, à faire parler d’eux systématiquement. Pour un prétendu grand stratège, on repassera. Ainsi, non seulement le sondeur constate que les gains de QS se font essentiellement au détriment du PQ, mais il ajoute que les deux partis seraient, dans la grande région de Montréal, au coude-à-coude, soit à 19%. Un gros ouch, surtout lorsque l’on sait que la plupart des comtés « prenables » par Québec solidaire réside dans la métropole. Misons, par exemple, sur un effort marqué de GND et cie afin de remporter Rosemont, fief du chef péquiste.

Le début de la fin, pour celui-ci et sa formation? Évidemment trop tôt pour le dire. Mais il est loisible de parier sur un énième changement de cap de leur part. Mon feeling? Destination identitaire, histoire de jouer dans les plate-bandes, fructueuses, de la CAQ. Vous pouvez mettre l’argent de l’épicerie là-dessus. Restera à voir la réaction du bullshit-ô-mètre de l’électorat…

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