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Il y a quelque chose d’étrange à propos des activités qui nous procurent le plus de plaisir : nous ne les aurions jamais découvertes si nous ne nous étions pas ennuyés, auparavant.

Quelle que soit votre activité préférée (un sport, comme le tennis, le golf ou le hockey, ou un loisir, comme la peinture ou les mots croisés), le dénominateur commun est qu’à un certain moment, vous vous êtes ennuyés et que vous avez cherché quelque chose à faire.

La façon dont nous comblons le vide est parfois ce qui marque la différence entre une vie de stress, d’épuisement professionnel et de dépression, et une vie de joies, de plaisirs et de tranquillité d’esprit.

Heureuse retraite
Prenons l’exemple de la retraite. La plupart d’entre nous considèrent cette étape comme une période de réjouissance. Mais en fait, bien des gens ont de la difficulté à s’y adapter. Le problème est que nous consacrons une dizaine d’heures par jour au travail et au transport. Si l’on y ajoute l’épicerie, la lessive et l’entretien de la pelouse, il reste peu de temps pour avoir du plaisir et s’intéresser à des loisirs.

Lorsque les gens prennent leur retraite, ils se retrouvent soudainement avec dix heures de temps libre chaque jour. Il n’y a rien de plus ennuyeux. En réalité, c’est qu’il faut souvent beaucoup de temps pour développer des intérêts. Il n’y a pas de secret! La seule façon d’apprécier sa retraite est de s’attendre à une longue période d’ennui, et à ne pas avoir grand-chose à faire. C’est dans ces moments creux que les gens découvrent les plaisirs de la marche en nature, de la satisfaction de construire quelque chose ou de cuisiner un délicieux repas, ou encore de faire du bénévolat.

L’essence d’une retraite heureuse est résumée dans l’énoncé d’une personne que j’ai rencontrée il y a des années: «Je n’ai rien à faire, mais je n’ai jamais été aussi occupé.»

L’épuisement professionnel ou le squash?
L’ennui est essentiel pour prévenir le surmenage professionnel. Lorsque notre travail est très exigeant et que nous avons du temps libre, en soirée, nous nous retrouvons devant un choix. Comment allons-nous utiliser ces heures précieuses? Il est facile de répondre à quelques courriels ou de rattraper le retard dans notre paperasse. Après tout, nous n’avons rien de mieux à faire, et cela nous libérera d’autant, le lendemain matin. Mais on en voit rarement le bout. La pile grossit toujours, parce que nous ne coupons pas court aux attentes et que nous ne priorisons pas les tâches.

La seule solution est de fixer des limites fermes à notre travail. Par exemple, pas de travail après telle heure ou le week-end, et pas de courriels à la maison. Cela nous forcera à nous ennuyer. Et c’est dans ces périodes que vous (une personne active) chercherez quelque chose pour combler le vide. Vous essaierez peut-être le squash, ou vous redécouvrirez le plaisir de jouer d’un instrument de musique. Vous trouverez ainsi de véritables plaisirs et passions qui permettront de compenser le stress du travail.

«C’est dans ces périodes d’ennui total que nous découvrons les activités qui transformeront nos vies.»

Dans la vie, on tire du bonheur de différentes choses, dont le temps libre, pendant lequel on peut socialiser ou s’adonner à des activités qui nous plaisent. La meilleure façon d’y parvenir est de commencer par vivre un temps mort et de nous ennuyer. Ce ne sera qu’une question de temps avant que nous cherchions quelque chose à faire. Et c’est dans ces périodes d’ennui total que nous découvrons les activités qui transformeront nos vies.

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