Si tout se passe comme prévu, Montréal s’enrichira d’ici quelques mois d’une monnaie communautaire basée sur le troc: le Joatu, un acronyme anglais pour Jack Oh All Trade Unit. Un jeu de mot qu’on pourrait traduire par «Monnaie des touche-à-tout».

«L’idée, c’est que les citoyens d’un quartier ou d’une ville se regroupent pour s’entraider et trouvent de nouvelles façons de faire des échanges au sein de leur communauté», explique Jamie Klinger, l’instigateur du projet.

En gros, si vous êtes bricoleur, masseur, comptable, mécanicien ou fabricant de bijoux, vos talents pourraient être mis à contribution par des membres de la communauté et vos services seraient rémunérés en Joatu, vous permettant à votre tour d’acheter d’autres biens ou services.

On peut voir une sympathique vidéo explicative sur le site internet (cliquer sur cc pour avoir les sous-titres en Français). La réussite du concept qui est particulièrement répandu en Grèce ou en Espagne, à cause des difficultés économiques, tient à deux choses: une bonne base de membres (il y en aurait déjà près de 150) et un site internet bien paramétré, pour créer la monnaie et rendre les contacts faciles.

Pour y arriver, Jamie Klinger lance aujourd’hui une levée de fonds sur Crowdtilt (cliquer sur l’onglet Français), où il espère récolter 25000$ pour bâtir le site (non, les programmeurs ne seront pas payés en Joatu, même s’ils pourront en demander rétroactivement, s’ils le désirent).

«Le futur site devra notamment intégrer un système de réputation, de mise en relation, d’échange de messages, de contrat type et de création de monnaie. Toutes les parties prises individuellement sont simples, mais intégrées ensemble et disponibles aussi sur des téléphones mobiles, rend tout ça plus compliqué», confie le jeune homme. Il faudra aussi dépenser une partie de la somme récoltée pour faire une version française du site internet, au risque de s’aliéner une partie (non négligeable) de la population!

Jamie s’y connait en échanges communautaires, c’est un des piliers de la coop sur Généreux. Cette habitation du Plateau compte une douzaine de jeunes qui pratiquent le «dumpster diving» (plongée dans les poubelles) pour se nourrir et qui organisent aussi diverses activités telles que les Free School (écoles populaires) où j’ai découvert par le passé le secret des poubelles des grands magasins et la pouvoir de la Petite vache.

Bref avec un gars comme lui, le Joatu est en de bonnes mains! Il est intéressant de noter que Jamie a obtenu quelques judicieux conseils pour bâtir son plan d’affaires grâce au site internet montréalais e-180.com qui met en relation des gens ayant des connaissances à partager et d’autres avides de se perfectionner.

Comme quoi, Montréal dispose déjà d’un terreau fertile en échanges communautaires…

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