Le dévoilement un peu trop intimiste du projet d’extension du Cégep du Vieux Montréal et de la Maison Théâtre est un exemple de plus qui montre le manque d’intérêt qu’on accorde généralement à la diffusion de l’architecture 
au Québec.

Tenue la semaine dernière dans un banal corridor de l’établissement scolaire, la conférence de presse s’est faite sans véritable invitation aux médias, en compagnie d’une poignée d’étudiants et de curieux. Le gouvernement du Québec, qui finance le projet à hauteur de presque 10 M$, n’a même pas daigné publier un communiqué pour présenter en bonne et due forme les lauréats de ce concours d’architecture. Résultat : la couverture médiatique a été quasi nulle.

C’est dommage pour cet intrigant projet de salle de spectacles de 250 sièges dont rêvent les dirigeants du cégep et de la Maison Théâtre depuis des années.

«C’est l’antithèse [de l’architecture] du cégep, qui est sombre, qui est un bunker, explique l’architecte Gilles Prud’homme, colauréat du concours. L’idée, c’est d’avoir une vitrine sur rue pour voir l’activité à l’intérieur tant de jour que de soir. On veut afficher l’énergie des étudiants pour animer la ville plutôt que de la contenir à l’intérieur d’une boîte.»

C’est avec cette idée maîtresse en tête que les concepteurs ont dessiné des volumes de verre superposés, dans lesquels s’inséreront, en bordure de la rue Ontario, un café et un espace de diffusion culturel qui servira notamment à exposer les travaux d’étudiants en arts et en graphisme.

À l’arrière s’ajoutera une salle de spectacles entièrement modulable, qui permettra différentes configurations de scène et d’estrades. Les murs de cette salle devraient même être partiellement amovibles afin d’offrir davantage de flexibilité pour tenir des réceptions ou des événements qui nécessiteraient davantage d’espace.

Les architectes proposent également de faire de ce projet une vitrine du développement durable dans le Quartier latin. L’édifice sera conçu pour atteindre une consommation énergétique nette zéro, soit pour être en mesure de produire autant d’énergie que ce qui est consommé annuellement, notamment grâce à l’ajout de panneaux solaires. Des jardins-terrasses sont également prévus sur le toit, où on pourrait cultiver des fruits et légumes avec les enfants des habitations sociales Jeanne-Mance, situées juste en face.

«Le développement durable, c’est bien sûr épargner de l’énergie [dans le bâtiment], mais c’est aussi un rapport éthique à la société, indique l’architecte. C’est un bâtiment public, payé avec l’argent du public. […] L’architecture doit jouer un rôle communautaire.»

Beaucoup de bonne 
volonté, donc. Reste à voir si les idées résisteront au grand test : celui du budget. L’inauguration devrait se faire à l’automne 2018.

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