Collaboration spéciale Marc Cramer Refusé initialement par la Ville de Montréal, le projet des boules roses dans le Village gai a connu un grand succès auprès des Montréalais et des touristes l’été dernier.

Qu’ont en commun la plage urbaine du Vieux-Montréal, les arbres fuchsia du Palais des congrès et les boules roses décorant le Village gai durant l’été?

Eh bien, ce sont tous des projets issus de l’imaginaire d’un des designers urbains les plus en vogue en ce moment au pays, Claude Cormier. Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, on pourrait le considérer comme une véritable star dans l’univers du design urbain. Uniquement en 2012, il a ajouté pas moins de sept prix canadiens à sa collection personnelle.

En quelques mots, Claude Cormier a fait ses premières armes en architecture du paysage à l’Université de Toronto au début des années 1980. Sa passion et son talent l’ont mené à peine quelques années plus tard jusqu’à la réputée Université de Havard, où il a fait une maîtrise en histoire et théorie du design.

Ce n’est qu’en 1995 qu’il décide finalement de s’établir à Montréal et de fonder sa propre firme. «J’adore Montréal, me confiait-il récemment dans ses bureaux situés à proximité du métro Rosemont. Nous avons une grande valeur créative ici, une identité unique. C’est une ville très inspirante.» Notre métropole a d’ailleurs constitué un vaste terrain de jeu et d’expérimentation pour lui ces dernières années : il a travaillé à des dizaines de grands projets de revitalisation urbaine.

Ses idées farfelues (et très souvent colorées) lui ont indéniablement permis de se distinguer, mais l’ont également forcé à renforcer son talent de persuasion. «Les boules roses [du Village gai] ont été refusées au départ, m’a-t-il expliqué. J’ai entendu toutes les excuses imaginables. Le feu, les pompiers, la sécurité. Ça va distraire les automobilistes. Il faut vraiment être déterminé pour faire passer ses idées.»

Le designer pousse d’ailleurs les architectes et les promoteurs montréalais à ne pas se décourager devant les rouages administratifs. «Je trouve qu’il y a une certaine banalisation des projets qui s’établit avec le temps, car nous voulons être capables de respecter les normes de construction qui nous sont demandées, constate-t-il. Il faut savoir répondre différemment à la norme. Montréal est une ville de design, de créativité. Il faut faire des gestes qui soutiennent nos intentions.»

Malgré son amour pour notre ville, Claude Cormier ne s’en cache pas : c’est Toronto qui remplit dorénavant son carnet de commandes. Avec plus d’une vingtaine de contrats sur la table à dessin ou en chantier, la Ville Reine a su le conquérir. «Il y a une grande réceptivité à Toronto. C’est une ville riche de plusieurs cultures. Il y a une grande ouverture sur le monde et sur les idées différentes.»

Risquons-nous de le voir disparaître au profit de l’Ontario? «Non», m’a-t-il répondu fermement. Du moins, ce n’est pas dans ses plans pour le moment, même s’il doit s’y rendre pratiquement toutes les semaines pour gérer le développement de ces concepts. Mais soyons honnêtes : Toronto lui offre des occasions qu’il ne pourrait saisir en ce moment à Montréal, ne serait-ce que de travailler avec les plus grands architectes du monde, comme Daniel Libeskind et Norman Foster.

Pour consulter le portfolio complet de Claude Cormier.

Four Seasons Hotel

Inauguré l’automne dernier, cet aménagement du Four Seasons de Toronto présente une fontaine inspirée du XIXe siècle et un tapis pixélisé rappelant l’architecture victorienne du quartier. / Collaboration spéciale

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