Marc-André Carignan Le manque d’entretien récurrent se ressent sur Saint-Laurent avec cette enseigne commerciale brisée et le trottoir érodé.

Je suis le premier à défendre la valeur économique et culturelle du Quartier des spectacles pour Montréal. J’appuie ses programmateurs qui travaillent d’arrache-pied pour sa programmation annuelle variée.
Mais là…

Je dois avouer être franchement choqué par l’état déplorable de certains secteurs, particulièrement autour du 2-22, coin Saint-Laurent et Sainte-Catherine. Un édifice présenté comme un «phare culturel» du Quartier des spectacles. Mais honnêtement, je ne sais pas ce qu’il est supposé « illuminer » en ce moment. La prolifération affolante de graffitis? Les enseignes commerciales brisées? Le manque d’entretien du domaine public?

Travaillant ces 18 derniers mois dans le quartier, j’ai été un témoin «privilégié» de cette scène urbaine désolante présentée aux résidants locaux et aux touristes de passage dans la métropole. Une ancienne collègue de travail, revenant tout juste d’Europe après plus de deux ans d’absence, me confiait d’ailleurs récemment à quel point elle était surprise de la détérioration des lieux depuis son départ. Et elle a raison. Surtout pour un secteur aussi névralgique, empreint d’histoire et de richesses patrimoniales.

Pendant qu’on investit des millions de dollars d’un côté pour la construction du Quartier des spectacles, l’autre moitié est en pleine décrépitude. D’ailleurs, on en vient à se demander où sont les inspecteurs de la Ville pour sévir envers les propriétaires de commerces négligents. Certains bâtiments sont en si mauvais état que leurs façades tombent littéralement en morceaux. Et ça, c’est sans compter les mauvaises herbes qui abondent sur la plupart des terrains, les structures publicitaires complétement rouillées sur la rue et les déchets (pneus, pièces de métal etc.) à la vue de tous. Pourquoi autant de laxisme de la part des inspecteurs municipaux vis-à-vis le cœur de la métropole, son poumon économique?

Et malheureusement, cette détérioration des lieux s’accentue avec les délais de certains projets immobiliers qui tardent à s’implanter, laissant au passage des bâtiments vacants aux fenêtres cassées. C’est le cas du défunt Club Opéra, actuellement placardé et situé juste à côté d’un trou béant, résultant de la démolition d’édifices historiques jugés «à risque» pour la sécurité publique. À quand un projet pour rentabiliser tous ces espaces contigus d’une superficie totale de 40 000 pieds carrés (soit l’équivalent de 3 piscines olympiques)? Ne retenez pas votre souffle: le propriétaire des terrains, la Société de développement Angus, parle de 2018! Bien qu’on ne parle pas de mauvaise volonté dans leur cas, imaginez les millions de dollars qui s’évaporeront d’ici là avec l’absence d’une activité économique quelconque.

Le Quartier des spectacles représente malheureusement un parfait exemple du disfonctionnement actuel de Montréal, de son manque de leadership et de vision d’ensemble. On a beau avoir une Place des Festivals active 365 jours par année, la carte de visite qu’on offre actuellement aux passants, à peine deux coins de rue plus loin, ne laisse pas du tout présager une ville vibrante et en contrôle de ses moyens.

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