Même si je passe fréquemment aux abords de l’autoroute 40, alias la Métropolitaine, je ne m’y étais pas arrêté depuis un bon bout temps pour observer attentivement l’état de ce monstre de béton surélevé.

Ce que j’y ai vu le week-end dernier n’avait rien de très enchanteur. Béton effrité, barres de renforcement exposées, graffitis, mauvaises herbes atteignant parfois plus d’un mètre de hauteur… Le décor ne pouvait être plus déprimant. L’autoroute a bien mal vieilli et on se rend rapidement compte que ses déficits d’entretien récurrents lui ont grugé plusieurs années de vie utile. En voyant l’état de la structure, on ne peut s’empêcher de penser à l’épisode des paralumes qui se sont effondrés sur Ville-Marie, ou aux morceau de béton qui chutent de temps à autre sur des véhicules du Grand Montréal.

N’empêche qu’on réussira probablement à maintenir en place la Métropolitaine pour encore un certain temps avec de coûteux travaux d’entretien, mais on ne pourra éviter son remplacement d’ici une quinzaine d’années. Les Montréalais devront composer avec un autre méga-chantier, après celui de Champlain et de Turcot.

Or, 2030 pour un projet aussi pharaonique, c’est pratiquement demain. Bon, j’exagère un peu. C’est après-demain. N’empêche que pour une fois, nous avons le luxe du temps. Du temps pour réfléchir, pour concerter, et ultimement, pour lancer un concours de design et d’ingénierie pour un ouvrage aussi important. Pourquoi donc ne pas en profiter, au lieu d’attendre qu’il soit minuit moins une et que la structure nous tombe sur la tête?

Au ministère des Transports du Québec, on réfléchirait déjà à un scénario d’optimisation de la Métropolitaine pour réorganiser les flux de circulation, sur et sous l’autoroute. Mais encore? Deux options mériteraient sérieusement d’être étudiées.

Option A: enterrer cette horrible cicatrice urbaine pour densifier le secteur avec de nouveaux bâtiments. Ce scénario permettrait de financer une partie des travaux avec des capitaux privés, en plus de générer des revenus supplémentaires (taxes foncières, activité économique, etc.) pour renflouer les coffres municipaux. On pourrait également améliorer significativement la qualité de vie des résidants et des employés du secteur avec des espaces verts et des terrains de sports.

Option B: conserver une structure en hauteur, mais oublier le design arriéré de l’actuel A-40 qui gâche le paysage depuis des décennies. Il y a moyen de rendre cette structure autoroutière beaucoup plus agréable visuellement. L’exemple du projet de remplacement du Sixth Street Viaduc de Los Angeles aurait de quoi nous inspirer en la matière (voir l’image ci-dessus).

Pour obtenir un projet à la hauteur des attentes, voire un projet audacieux, amorçons sous peu une réflexion sur le sujet. Go, go, go chers politiciens!

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