BIG Architects À Montréal, les commerçants craignent l’arrivée du Royalmount; à Paris, c’est l’arrivée d’Europa City qui suscite de l’anxiété.

J’avoue que je n’avais pas vraiment le cœur à l’écriture cette semaine après le drame humain effroyable qui a ébranlé Paris.

Surtout que, comble du hasard, le sujet sur lequel je souhaitais me pencher cette semaine touche directement… la Ville Lumière. J’ai donc réfléchi longuement avant de rédiger ce papier. Ce serait manquer de sensibilité envers le peuple français que d’esquiver son drame, ai-je pensé. Mais j’ai finalement décidé de le faire.

Pourquoi? Parce que la vie poursuit son cours. Parce que Paris commence déjà à se ressaisir et à revenir à son train-train quotidien. Parce que Paris est avant tout une ville progressiste à plusieurs égards, où l’on débat d’idées innovantes qui pourraient inspirer Montréal. À commencer par ses nouvelles ambitions, dévoilées partiellement quelques jours avant le drame, pour préserver ses commerces de proximité. Des commerces qui jouent un rôle fondamental dans l’animation de ses quartiers et dans son identité urbaine en renforçant le tissu social, en offrant une signature distinctive à ses artères commerciales et en favorisant la création d’emplois locaux.

À l’instar de ce qui se passe à Montréal, la vitalité des commerces de proximité français est menacée par la spéculation immobilière et l’attrait des gigantesques centres commerciaux qui poussent en périphérie de la ville. À Montréal, les commerçants craignent l’arrivée du Royalmount; à Paris, c’est l’arrivée d’Europa City qui suscite de l’anxiété. Il s’agit là d’un éléphantesque centre de magasinage et de divertissement, composé essentiellement de grandes enseignes, d’espaces à bureaux, d’une salle de spectacle et de parcs d’attractions. Le mégacentre sera même lié directement à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle par TGV.

Quel impact aura Europa City sur la Ville Lumière? Seul le temps nous le dira. Mais la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a déjà un plan en tête pour soutenir, voire accroître, les petits commerces de quartier.

D’ici 2020, elle souhaite investir 52,9 millions d’euros pour récupérer la gestion de certains immeubles afin de les protéger de la spéculation. Paris pourrait ainsi contrôler le prix des loyers et déterminer le type d’activité commerciale à favoriser en fonction des besoins. L’enveloppe budgétaire servirait également à préempter des édifices [acquérir un immeuble en priorité à la mise en vente] dans les quartiers où la vitalité commerciale est menacée afin de prioriser les commerces indépendants. On envisage aussi la création d’une étiquette «Fabriqué à Paris» afin d’accroître la fierté locale et on réfléchit à une plateforme baptisée «commerce.paris», qui proposerait aux petits commerçants de partager leurs inventaires, leurs livraisons et l’accès à du financement participatif. Difficile d’être plus ambitieux avec un plan de match aussi structuré.

Est-ce réaliste d’en espérer autant à Montréal, considérant les nombreuses difficultés auxquelles font face nos artères commerciales? «J’ose espérer que oui, affirme Glenn Castanheira, conseiller spécial en matière de commerce pour Projet Montréal. On voit à travers le plan de Paris une volonté très ambitieuse de valoriser le rôle du commerce de proximité dans la ville. Montréal aurait tout avantage à s’en inspirer.»

Bref, c’est aussi ça, Paris. Une ville qui inspire.

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