Archives Métro Si l'union libre gagne du terrain un peu partout au Canada, le Québec est sans contredit la province où ce type de ménage fait le plus d'adeptes.

Il est 17 h, les enfants ont faim, le frigo est dégarni et vous manquez d’idées – et d’énergie – pour préparer un repas? Vous êtes donc comme 44 % des parents québécois qui, 3 fois et plus par semaine, ne savent pas ce que contiendront les assiettes à l’heure de préparer le souper.

Après avoir interrogé quelque 11 500 parents et plus de 5 000 enfants de moins de 12 ans dans 76 villes du Québec, l’équipe de Tout le monde à table, composée de nutritionnistes d’Extenso et de gens de l’Institut du Nouveau Monde, est maintenant en mesure de le dire : la planification des repas est le talon d’Achille de bien des parents.

Pour pallier ce manque de planification, ces mêmes parents se tournent vers les repas maison congelés ou l’improvisation d’un menu avec les aliments du frigo et du garde-manger (38 %), font un saut à l’épicerie avant de cuisiner un repas à la maison (21 %), sortent manger à l’extérieur (14 %), optent pour le prêt-à-manger ou concoctent un repas simple comme une omelette ou un rôti (12 %).

Le rapport national de l’étude, qui s’est attardé à la planification, la préparation et le partage des repas (les 3 P), révèle aussi, sans surprise, que le manque de temps est le principal obstacle à une saine alimentation chez 35 % des parents interrogés, qui peinent à concilier le travail et la routi­­ne familiale.

Mais très peu  (8 %) voient le manque de planification comme un obstacle à une saine alimentation. Pourtant les nutritionnistes d’Extenso le répètent : le manque de planification est une des causes importantes au manque de temps.

«Il y a une confusion totale dans les cuisines et les parents veulent des prescriptions, explique Marie Marquis, nutritionniste à l’Université de Montréal et instigatrice du projet Tout le monde à table. Mais nous ne voulons pas entrer dans des comportements prescriptifs, on veut faire ressortir certains comportements bien ciblés pour lesquels on sait qu’il y a des bénéfices.»

Grâce à ces données, Tout le monde à table souhaitent maintenant communiquer avec les familles québécoises, qui doivent redéfinir leurs responsabilités parentales face à tout ce qui entoure les repas.

Haro sur la télévision
«L’omniprésence de la télé, ça c’est très préoccupant», s’inquiète Mme Marquis, qui croit que le repas en famille devrait être une occasion de se parler. Or, l’enquête révèle que 34 % des ménages soupent avec le téléviseur allumé. Ce chiffre monte à 45 % lorsque ce sont les enfants qui sont interrogés.

Pour un retour des cours d’économie familiale
C’est grâce à la caravane de Tout le monde à table, qui a fait la tournée du Québec dans la dernière année, que toutes ces données ont pu être amassées. En allant directement vers les familles pour comprendre leurs comportements alimentaires, l’équipe composée d’une nutritionniste et de deux animateurs a sondé les parents et les enfants en préconisant une approche ludique et créative.

Cette approche a notamment permis de découvir, au cours d’une élection nomade, que les Québécois souhaitent en priorité, à 28 %, le retour des cours d’économie familiale à l’école. «La transmission des habilités culinaires est un sujet qui préoccupe les Québécois», analyse Nathalie Jobin, chargée du projet. Tout de suite après, c’est la conciliation  travail-famille qui est au cœur de 27 % des parents, ainsi que l’accessibilité aux aliments locaux, pour 16 % des répondants.

Trois priorités d’actions proposées

  1. Compétences culinaires
    Près de 56 % des enfants disent ne pas participer régulièrement à la préparation des repas avec leurs parents. Pourtant, ils sont près de 80 % à souhaiter cuisiner plus souvent. Les filles sont plus enclines à mettre la main à la pâte (84 %) que les garçons (74 %).

  2. Meilleure planification des repas
    Le rapport conclut qu’«une meilleure planification des repas viendrait changer la routine des foyers québécois en leur donnant plus de temps». La planification permet aussi de réduire les coûts de l’épicerie en ciblant les spéciaux.

  3. Manger en famille
    Pour les nutritionnistes de Tout le monde à table, il est primordial de ramener les membres de la famille autour de la table, sans téléviseur. Manger en famille est, entre autres, une occasion pour les enfants de discuter et de faire l’apprentissage de la vie sociale.

Plus de renseignements sur le site de Tout le monde à table.

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