Josie Desmarais/Métro Les cocottes de houblon ont été détachées des branches cueillies le matin même. Pour faire une bière, il faut cinq fois plus de cônes frais que de cônes séchés.

Afin de célébrer le 375e anniversaire de la métropole, Montréal Houblonnière voulait faciliter la création de bières avec des houblons locaux. Il y a deux semaines, MaBrasserie a justement réalisé une bière de récolte avec des houblons de cultivateurs urbains. Elle sera lancée le 30 septembre.

«L’idée, c’était d’avoir quelque chose de festif pour le 375e de Montréal et d’engager le plus de citoyens possible dans un projet de verdissement du milieu urbain», explique le bénévole pour Montréal Houblonnière Philippe Braillant.

Les cultivateurs de houblon étaient donc invités à apporter leur produit à une brasserie pour partager leurs cônes fraîchement cueillis, comme ç’a été le cas le 9 septembre dernier à MaBrasserie.

«Je trouvais que c’était un super beau projet. Je fais pousser du houblon chaque année et je ne l’utilise jamais pour le brassage. Ça donnait une belle occasion de faire une bière de récolte», souligne le président de MaBrasserie, Marc Bélanger, qui a supervisé le brassage et choisi la recette.

Josie Desmarais – Métro

Au moins une vingtaine de personnes sont venues avec leur houblon cueilli le matin même, dont Cédric Lessard, qui fait pousser du houblon dans sa cour arrière depuis deux ans. «Je trouvais l’initiative intéressante. J’ai trop de houblon pour ce que je peux brasser à la maison, donc je voulais le partager», dit celui qui a apporté du houblon de type Chinook et Cascade. Philippe Braillant avait de son côté apporté du houblon Sterling.

«Chez nous c’est planté en pleine terre, mais on peut le faire aussi en pot sur son balcon, ou en bac de culture urbaine. Il suffit de bien le tailler au printemps pour garder les branches les plus robustes, car c’est une espèce assez envahissante.» – Philippe Braillant, bénévole pour Montréal Houblonnière

Marc Bélanger ne s’attendait pas à ce que tout le monde connaisse bien le cultivar de houblon qu’il allait amener. «Certains ont apporté des houblons américains très intéressants. Avoir su, plutôt que de mélanger tout ça, j’aurais fait deux bières en plus petite quantité, dont une IPA», avoue-t-il, disant que pour les prochaines années, il demandera à l’avance aux participants quelle sorte de houblon ils vont apporter.

La bière qui a été brassée est une pale ale d’inspiration québécoise, faite également avec des malts locaux. «On va mettre les houblons qu’on connaît moins en début d’ébullition, pour l’amertume, et ceux qu’on sait plus aromatiques vers la fin, pour tirer leur saveur», explique Marc Bélanger.

Les brasseurs travaillent normalement avec du houblon séché, ce qui fait davantage sortir les arômes. C’est pour cette raison que Mont­réal Houblonnière avait également offert aux cultivateurs de transformer leur récolte en granules séchés chez Houblon Bastien samedi dernier.

«C’est cinq à six fois plus que la quantité de houblon sec, rappelle Marc Bélanger. Donc, on a besoin de 15kg de houblon pour 500 litres de bière.» Les bières de récolte sont assez rares au Québec, et sont encore plus rarement embouteillées. Il sera possible de goûter à celle-ci le 30 septembre, au salon de dégustation de la rue Holt.

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