© Inga Nielsen

Le feu vert donné cette semaine par le ministère italien de l’Agriculture à une demande d’appellation d’origine contrôlée pour une mozzarella de vache des Pouilles fait hurler les défenseurs de la mozzarella de bufflonne déjà reconnue en Campanie.

Avant même que Bruxelles ne donne son avis, le consortium de défense de la mozzarella de bufflonne a annoncé un recours devant le tribunal administratif.

«Les produits fromagers des Pouilles sont délicieux mais, pour le caractère typique des productions locales et le plein intérêt de la valorisation des ressources de tous les territoires, la seule mozzarella DOP (appellation d’origine protégée) est et doit rester la nôtre, réalisée exclusivement avec du lait de bufflonne», avait prévenu la région Campanie dans un texte voté en septembre.

La mozzarella de bufflonne a obtenu le label DOP en 1996 et, après une période délicate liée aux contaminations des décharges sauvages autour de Naples, a connu une décennie record: 44 000 tonnes produites en 2016 (+31% en 10 ans), dont 14 000 tonnes ont été exportées (+168% en 10 ans).

Mais le lait de bufflonne coûte trois fois plus cher que le lait de vache, et même si le goût des deux produits est très différent, même si le ministère a clairement fixé les contraintes pour les laiteries des Pouilles et l’obligation d’afficher qu’il s’agit de mozzarella de vache, la Campanie redoute la confusion.

«La partie n’est pas terminée, nous irons jusqu’au bout et nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour éviter ce qui nous apparaît clairement comme un but contre son camp de la part de l’Italie, que ni les marchés ni les consommateurs ne comprendrons», a prévenu dans un communiqué Domenico Raimondo, président du consortium de défense de la mozzarella de bufflonne.

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