Sarah Scott/collaboration spéciale Élise Desaulniers

Boire du lait, c’est réconfortant, c’est naturel, c’est sain. C’est du moins la perception qu’en a la majorité d’entre nous, renforcée par d’habiles campagnes de relations publiques. Dans son livre Vache à lait. Dix mythes de l’industrie laitière, fruit d’une vaste enquête sur la question, Élise Desaulniers remet en question ces idées reçues.

Quel était votre objectif premier en déconstruisant ces 10 mythes de l’industrie laitière?
Après la publication de mon premier livre, Je mange avec ma tête, j’ai donné plusieurs conférences. J’ai constaté que la plupart des gens étaient d’accord pour remettre en question leur alimentation, mais qu’il y avait un refus de le faire avec les produits laitiers, en raison d’un rapport émotif avec ceux-ci. J’ai voulu comprendre le phénomène et j’ai constaté que c’était très complexe. Il était nécessaire de fournir une contrehistoire aux publicités favorables aux produits laitiers, qu’on voit partout, pour ébranler certains mythes. Les gens sont intelligents et sont capables de faire des choix éclairés, mais il faut leur donner de l’information.

Vous avez consulté des centaines d’articles scientifiques pour ce livre, et vous dites avoir été surprise et terrifiée par ce que vous avez découvert. Qu’est-ce qui vous a le plus surprise?
C’est la présence d’hormones de grossesse dans le lait. Je n’avais jamais réalisé que les vaches devaient être enceintes pour donner du lait! Absorber ces hormones toute sa vie peut avoir des conséquences, et de plus en plus de chercheurs pensent que notre système ne peut pas gérer cette invasion d’hormones de vache.

Et le plus terrifiée?
J’ai constaté à quel point l’industrie du lait est puissante et a des tentacules partout. Environ 25 nutritionnistes travaillent au département des relations publiques des Producteurs laitiers du Canada. Plusieurs recherches sont financées par l’industrie, et elle a des amis dans des comités consultatifs de Santé Canada. On donne des gobelets de lait aux enfants dès l’école primaire et on leur apprend que le lait est bon. Mais il n’y a pas de contrepoids, pas de lobby antilait pour faire face au lobby prolait. C’est inquiétant qu’une industrie puisse faire et dire ce qu’elle veut sans que les citoyens soient critiques face à ses produits.

Dans votre livre, vous citez certaines études qui relèvent des effets potentiellement néfastes du lait sur la santé. En même temps, il y a des études qui nous disent le contraire. Sur quoi les citoyens peuvent-ils se fier?
Une bonne manière de juger des études est de regarder par qui elles ont été faites. Les études financées par l’industrie ont tendance à être favorables à leurs commanditaires. Les citoyens devraient plutôt chercher des études indépendantes pour s’informer.

Vous semblez arriver à la conclusion que la meilleure solution aux effets néfastes de la production laitière est le végétalisme…
Les éléments nutritifs du lait se trouvent aussi dans plusieurs produits végétaux. Et pour des raisons éthiques et environnementales, consommer des produits laitiers n’a pas les mêmes conséquences que de consommer des produits végétaux. Je crois donc qu’il faut consommer moins de protéines animales, dans la mesure de ce que chacun est capable de faire.

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