Yves Provencher/Métro Le Fantôme a ouvert ses portes en juillet.

À Montréal, rares sont les nouveaux restaurants qui arrivent à surprendre vraiment. Même genre de décors, d’ambiances, de service un peu prétentieux, et surtout même genre de plats. Le tout revient pas mal toujours au même. Le Fantôme, lui, propose une expérience différente.

Il y a d’abord la situation du petit restaurant de 30 places qui nous sort de notre zone de confort. Installé sur la rue William, dans une partie du quartier Griffintown où se côtoient le Centre des arts, de nouvelles constructions, des immeubles qui ont gardé leur cachet d’antan et d’autres qui auraient besoin d’être revampés, Le Fantôme se fait discret. À l’intérieur, rien de tape-à-l’œil: de vieux meubles, des chandelles sur les tables, les poutres apparentes du bâtiment ancien. Ce qui retient notre attention, ce sont les magnifiques toiles qui ornent les murs. Elles sont de l’arrière-grand-père du chef Jason Morris, qui les fabriquait avec des coupures du magazine Time dans les années 1960.

La foule bigarrée nous a elle aussi surprise en ce beau vendredi soir. On retrouvait dans la petite salle du Fantôme des couples, des groupes d’amis, de grands enfants accompagnés de leurs parents. Des personnes de tous les âges et de tous les styles rassemblées pour déguster à la cuisine du marché du chef Jason Morris. Celui-ci a déjà été aux fourneaux des restaurants Grumman, Milos, Maison Boulud, Geist (à Copenhague) et Corton (à New York), alors que son partenaire d’affaires, Kabir Kapoor, qui nous a gentiment accueillie à la porte, est fils de restaurateur.

Avant de goûter les plats de Jason Morris, nous avons été impressionnée par l’extrême compétence de notre serveuse. Celle-ci nous a décrit chaque plat avec soin dans un français presque parfait, alors que ce n’était pas sa langue maternelle. On ne le dira jamais assez, un bon service est primordial pour vivre une expérience agréable au restaurant. Malheureusement, plusieurs serveurs montréalais semblent tenir leur travail et leur pourboire pour acquis.

Après ce long préambule, venons-en enfin aux plats servis au Fantôme, car ils sortent eux aussi de l’ordinaire. Tous ont réussi à nous faire sourire. Il y a d’abord eu la mise en bouche. Ai-je besoin de vous dire à quel point cette délicate attention est appréciée et permet de se démarquer des compétiteurs? Celle qui nous a été servie au Fantôme était un petit taco de céleri-rave fermenté, garni de piment sicilien bien grillé et de cheddar fort. Une véritable petite explosion en bouche.

Ensuite, il y a eu l’original PBJFG (pour Peanut Butter, Jam et Foie Gras) servi dans un pain brioché grillé à la perfection. Si ce mélange de saveurs peut paraître surprenant – il l’est –, il fonctionne à merveille. Le goût salé du beurre d’arachides et le goût sucré de la confiture de fraises font ressortir toutes les nuances du foie gras.

Nous avons également été séduite par la délicatesse des pétoncles grillés, du flanc de porc fondant et des châtaignes d’eau, arrosés à la table d’un bouillon parfumé au prosciutto.

Autre plat dégusté: des morilles servies avec un caramel à l’ail, des oignons fondants et une mousse de lait à l’ail. Décadent. Finalement, notre coup de cœur de la soirée: un pavé de bar grillé déposé sur une tombée de poireaux, recouvert de petits copeaux de pommes de terre frites, et accompagné d’une sauce au champagne et de juste ce qu’il faut de citronnelle.

Pour couronner le tout, le Fantôme propose une carte des vins presque entièrement composée de vins produits en biodynamie. Nous avons fait de belles découvertes.

Bonne nouvelle, le menu du Fantôme change constamment. Nous retournerons donc dans ce petit restaurant de Griffintown pour nous faire surprendre à nouveau et goûter aux desserts, que nous n’avons pas découverts lors de notre visite.

En résumé

  • L’occasion. Pour se faire plaisir au cours d’une virée à Griffintown en couple ou entre amis.
  • L’ambiance et le décor. Ambiance chaleureuse et décor simple mais harmonieux.
  • Les prix. Raisonnables pour certains plats, moins pour d’autres: de 9$ à 16$ pour les entrées, de 16$ à 24$ pour les plats.
  • Nous avons aimé. L’originalité des plats et l’excellent service.
  • Nous avons moins aimé. Le prix de certains plats, parfois élevé considérant ce qui se retrouvait dans l’assiette.

Le Fantôme
1832, rue William

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