Getty Images Lorsqu’une personne est heureuse au travail, elle est plus productive et ne cherche pas à se trouver un autre emploi.

Avec de plus en plus de jeunes qui affichent leur homosexualité alors qu’ils sont encore aux études, les entreprises devront s’ouvrir à la diversité sexuelle si elles ne veulent pas se priver d’une main-d’œuvre responsable et instruite.

«En arrivant sur le marché du travail, [ces jeunes adultes] ne voudront pas aller dans une entreprise où ils devront cacher leur orientation sexuelle, indique Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence et de Gai Écoute. Il y a un aspect psychologique dans tout ça. Lorsqu’une personne est heureuse au travail, elle est plus productive et elle veut rester.»

Dans un sondage réalisé au printemps pour la Fondation, on constate d’ailleurs qu’un jeune sur trois est enclin à choisir un employeur plus ouvert.

Les chiffres montrent éga­lement que 52 % des personnes interrogées disent connaître un (ou une) collègue homosexuel, un résultat encourageant selon le président, puisque sortir de l’ombre permet souvent de détruire les préjugés.

Le sondage rapporte aussi que le Québec se montre plus ouvert aux réalités homosexuelles que les autres provinces canadiennes.

Comités LGBT

Les grandes centrales syndicales ont été des pionnières en matière de défense des droits des homosexuels, révèle M. McCutcheon. Des entreprises comme Telus, IBM Canada, Desjardins et Bell Canada emboîtent maintenant le pas et soutiennent la mise sur pied de comités d’employés Fierté au Travail Canada.

«De façon générale, l’acceptation est plus facile dans un milieu plus intellectuel, où les gens ont fait une réflexion sur la question», indique-t-il.

Nouvelle réalité

Évidemment, il n’y a pas que les personnes ayant une orientation sexuelle différente qui sont victimes de discrimination. Les femmes et les minorités culturelles, par exemple, sont souvent touchées par cette problématique.

L’homophobie est cependant une «nouvelle» réalité, dit Laurent McCutcheon. «L’homosexualité a toujours été réprimée. Ce n’est qu’en 1969 qu’elle a été décriminalisée, et en 1990 qu’elle a été retirée de la liste des maladies mentales», mentionne-t-il.

En 2003, la Fondation Émergence a lancé la Journée nationale contre l’homophobie, un événement qui n’a pas tardé à prendre une dimension internationale. Elle se tient chaque année le 17 mai. En 2012, le thème en était la diversité sexuelle au travail ,et 325 activités étaient organisées, dont un déjeuner-causerie offert par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en partenariat avec la Fondation.

Témoignages

  • Mélanie Roberge
    35 ans, cadre d’instructeurs de cadets, Forces armées canadiennes

«Je suis out, mais je n’ai toutefois jamais parlé de mon homosexualité au travail. Je savais que ça se passerait probablement bien avec les adultes, mais j’avais peur que les jeunes me rejettent ou qu’ils me trouvent bizarre.»

  • Marie-Ève Baron
    36 ans, ingénieure

«C’est plus ou moins connu dans mon milieu de travail. Certains collègues le savent, d’autres non. En règle générale, ça se passe bien, mais j’ai vécu des moments difficiles. Au bureau, je m’affiche plus ouvertement comme lesbienne que comme transsexuelle. C’est beaucoup plus facile.»

  • Francis Vermette
    36 ans, directeur, Maison des jeunes de Laval-Ouest

«Je suis totalement out au travail. C’est accepté par mes patrons, les employés et les jeunes. L’orientation sexuelle, ce n’est pas une affaire personnelle, et ça ne devrait pas être caché. Je donne des conférences sur l’homophobie et je vois que l’homosexualité est de plus en plus acceptée depuis 10 ans.»

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