Getty Images/Hemera Après la Deuxième Guerre mondiale, la naissance des banlieues modernes a porté un coup fatal aux ruelles et les a rendues obsolètes, les maisons des banlieues étant raccordées au réseau de services publics par leur façade.

Les maisons des quartiers construits au tournant du XIXe siècle bordent le trottoir, tandis que celles des nouvelles collectivités en sont séparées par un vaste espace gazonné.

Le mystère entourant la raison de ce changement s’épaissit quand on s’aperçoit que personne ne se sert de cet espace. Alors, en a-t-on réellement besoin?

Au départ, bon nombre de plans d’aménagement étaient fondés sur les modèles européens, dans lesquels les bâtiments étaient érigés sur le bord des trottoirs. Le porche, un pur classique canadien, s’est ensuite ajouté à la façade de nombreuses habitations basses. Plus qu’un élément architectural, il favorisait la cohésion communautaire.

L’avènement de la livraison à domicile a marqué un virage. Les maisons avaient besoin d’un accès de service, ce que leur procuraient les ruelles. Celles-ci ont servi d’aires de jeux, d’espaces sociaux et même de places publiques pendant plusieurs décennies. Toutefois, la popularisation de l’automobile les a transformées en terrains de stationnement de choix. Après la Deuxième Guerre mondiale, la naissance des banlieues modernes a porté un coup fatal aux ruelles et les a rendues obsolètes, les maisons des banlieues étant raccordées au réseau de services publics par leur façade.

Les ruelles ayant été éliminées, les banlieusards, dépendants de l’automobile, devaient garer leur voiture ailleurs, c’est-à-dire à l’avant de leur maison. Les demeures ont ainsi été déplacées vers l’arrière, et les rues ont perdu leur échelle humaine, un aspect essentiel de la vie urbaine, comme en témoigne la distance entre les façades des maisons, qui peut facilement atteindre 30 mètres dans la plupart des quartiers. L’évolution du mode de vie et le besoin d’intimité des Canadiens constituent d’autres changements majeurs. Les gens  privilégient dorénavant la cour arrière clôturée, la dotant d’une piscine, d’un barbecue et de chaises de jardin.

Une question demeure : la cour avant devrait-elle faire partie du paysage résidentiel? Compte tenu de la hausse du prix des terrains dans la plupart des villes et de la disparition de l’échelle humaine des quartiers, des solutions de rechange doivent être envisagées. Du point de vue économique et esthétique, il pourrait être indiqué de remettre les ruelles à la mode, de bâtir des garages à l’arrière et de rapprocher les maisons des rues. Quant au devant de la maison, il devrait faire partie intégrante de la rue. Orné d’un porche, il pourrait aider à redonner de la vitalité à un quartier.

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