Getty Images/Hemera Les enfants qui peuvent jouer près de chez eux sont en sécurité.

Au cours des 50 dernières années, nous avons adopté la culture de la grandeur, et nous avons ainsi perdu la dimension humaine qui caractérisait les vieux quartiers. Pouvons-nous redonner du charme à nos quartiers? Une particularité urbaine dont nous ne pouvions nous passer il y a quelques décennies seulement peut nous aider à y parvenir : la ruelle.

Premièrement, il faut revoir la façon dont les véhicules sont abrités. Pourquoi ne pas construire des abris d’auto, des garages fermés ou des garages à mi-étage qui seraient accessibles par une ruelle à l’arrière? Si le stationnement était déplacé à l’arrière des habitations, la largeur des lots pourrait diminuer. Conséquemment, les maisons seraient construites en hauteur plutôt qu’en largeur, et la densité augmenterait.

Quant à la largeur des rues, elle pourrait passer de 12,2 m à, disons, 7,6 m, ce qui réduirait les coûts liés à l’infrastructure et au déneigement. De plus, la ruelle présente l’avantage d’offrir un accès direct à l’arrière-cour, où une installation auxiliaire pourrait être construite, notamment un logement pour un parent âgé qui souhaite vivre de façon autonome. Il pourrait s’agir d’un logement au niveau du sol ou au-dessus du garage, dont la porte d’entrée donnerait sur la ruelle.

Ces dernières années, nous avons mis le doigt sur de nombreux maux urbains et sociaux. Nous n’avons cependant pas pris de mesures pour les soulager.

La restructuration de l’économie, les vagues successives de licenciements et la prolifération des communications électroniques font du travail à domicile une option très pratique et valable.

Toutefois, la plupart des municipalités interdisent aux propriétaires d’avoir une entreprise à domicile. Les autorités redoutent une circulation intense dans les rues résidentielles et la surcharge de commodités déjà éprouvées, mais leurs inquiétudes seraient dissipées si l’étage supérieur d’une structure arrière pouvait être transformé en bureau à domicile accessible par une ruelle. Le premier étage de la résidence principale pourrait être relié par un pont à l’étage supérieur de la structure arrière, érigée au-dessus d’un garage.

Finalement, il ne faut pas oublier la valeur sociale de la ruelle. Les enfants qui jouent au ballon dans la ruelle, près de chez eux, sont en sécurité. En outre, les ruelles peuvent constituer un réseau secondaire pour les cyclistes et les joggeurs, afin que les quartiers gagnent en convivialité.

Ces dernières années, nous avons mis le doigt sur de nombreux maux urbains et sociaux. Nous n’avons cependant pas pris de mesures pour les soulager. Certains sont maintenant habitués au statu quo. Il semble que les solutions sont plus simples que nous le pensions. Nous devons simplement repenser la ruelle.

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