Getty Images for Hollywood Repor Arianna Huffington

Lorsqu’on entend le nom d’Arianna Huffington, on pense à l’éditorialiste et rédactrice en chef du site web Huffington Post. Ou encore à la femme politique. Mais pas au sommeil!

Pourtant, après s’être rendu compte que sa santé était minée par le manque de sommeil, elle a décidé de combattre le problème et d’écrire sur le sujet. «Le déclic est venu le jour où j’ai perdu connaissance [en 2007] et que je me suis cassé l’os de la pommette, se souvient Arianna Huffington. Ç’a été le signal d’alarme. J’ai alors commencé à regarder autour de moi et j’ai réalisé que je n’étais pas la seule. Des millions de personnes font un burn-out parce qu’elles manquent de sommeil. Nous vivons avec l’illusion collective que nous devons toujours être branchés.»

Ainsi, notre manque de sommeil nous rend, en réalité, moins efficaces. «Pourtant, simplement en renouvelant notre rapport au sommeil, nous pouvons reprendre le contrôle de notre vie», insiste Arianna Huffington. C’est d’ailleurs le thème principal de son livre The Sleep Revolution: Transforming Your Life, One Night at a Time, paru plus tôt cette année. Métro s’est entretenu avec la cofondatrice du Huffington Post.

Il me semble que la question la plus importante est: comment avez-vous dormi hier soir?
Très bonne question. J’ai merveilleusement bien dormi. J’ai eu mes huit heures de sommeil, je me suis entraînée, puis j’ai travaillé toute la journée.

Quand avez-vous été capable d’associer votre manque de sommeil aux autres aspects défaillants de votre vie?
Avec le recul, je me rends compte que j’étais plus sujette à avoir le rhume. Mon système immunitaire était beaucoup plus faible. Et ça affectait également mes prises de décision.

Que se passe-t-il lorsque vous ne dormez pas assez?
Aujourd’hui, il n’y a que 5% des nuits où je n’ai pas mon 8 heures de sommeil. Je ne m’aime pas ces journées-là. Je suis plus irritable et plus susceptible. Je ne suis pas aussi créative que d’habitude et j’ai plus de difficulté à trouver des solutions. Mais, pire encore, je n’ai pas la même joie de vivre.

Avant de faire appel aux conseils d’un expert, qu’avez-vous essayé?
Les somnifères ne sont pas des solutions à long terme. Il y a tellement d’options naturelles! J’y consacre d’ailleurs la moitié de mon livre. Mais vous devez aussi changer votre mentalité. Il vous sera plus facile de changer vos habitudes de vie en y allant par étape. C’est comme avec les jeunes enfants, on ne les met pas simplement au lit. Il y a des étapes de transition: on leur donne un bain, on leur enfile un pyjama et on leur lit une histoire.

Est-ce que ç’a été difficile de décrocher?
Oui. J’étais accro à la technologie. C’est quand je suis débranchée de mon ordinateur que ç’a fonctionné. J’ai commencé à éteindre 30 minutes avant d’aller dormir, puis, progressivement, j’ai diminué jusqu’à 5 minutes avant.

Vous décrivez notamment l’effet positif de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
J’essaye de faire reposer ce que je dis sur la science et non sur des opinions. Il a été prouvé que la TCC est efficace dans le cas du sommeil. Si, après avoir essayé toutes les possibilités, vous n’arrivez toujours pas à fermer l’œil, la TCC est une option efficace. Elle modifie les habitudes qui nous gardent éveillé et instaure des changements progressivement.

Que devrions-nous apprendre en lisant votre livre?
J’ai compris que nous devons cesser de nous dire: «Nous dormirons quand nous serons morts.» Notre société croit en beaucoup de faussetés. Vous souvenez-vous qu’à une époque, fumer était correct parce que des médecins faisaient des publicités? Le sommeil est la nouvelle cigarette – un véritable problème de société que nous devons résoudre.

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